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Science — 13 min

Cannabis 101: to know everything about this plant with multiple properties

March 11th, 2019
Roger Simard
Advisor, Digital Health and Pharmacist

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La légalisation du cannabis à des fins récréatives au Canada suscite plusieurs questions par rapport à cette plante qui est utilisée depuis des milliers d’années par l’humain à des fins récréatives et médicales.

Le cannabis s’adapte à presque tous les climats et on en distingue trois variétés :

  1. le cannabis sativa ;
  2. le cannabis indica ;
  3. et le cannabis ruderalis.

Les deux premières sont les variétés qui possèdent la plus grande concentration de produit actif et qui sont aussi les plus connues. Le sativa est sans doute la plus répandue sur la planète. Cette plante peut atteindre cinq mètres de hauteur alors que l’indica atteindra un à deux mètres et est plus concentrée en THC, un des deux principaux ingrédients actifs de la plante.

La chimie du cannabis

Plusieurs noms existent pour décrire le cannabis et les différentes formes que l’on retrouve sur le marché illicite, et maintenant licite. Marijuana, pot, weed, grass sont des synonymes du cannabis alors que haschich, huile, teinture sont des présentations différentes du produit.

Le cannabis renferme plus de 565 produits chimiques et de ce nombre, on en a identifié 120 qu’on appelle des cannabinoïdes.

Les deux cannabinoïdes les plus étudiés sont le THC (delta-9-tétrahydrocannabinol) et le cannabidiol. Ce sont principalement ces deux ingrédients qu’on croît responsables des effets connus du cannabis chez l’humain.

Le THC est le principe psychoactif du cannabis alors que le cannabidiol ne présente pas ces propriétés et semble même protéger contre l’effet psychoactif du THC.

Fait intéressant au cours des années : les différentes saisies de produits sur le marché noir de la drogue en Amérique du Nord par les autorités policières, ont permis d’observer l’augmentation croissante de la concentration de ces principes actifs dans le cannabis. Ainsi la concentration de THC moyenne retrouvée dans les produits saisis en 1988 était d’environ 1 % alors qu’elle était de 7,5 % en 2002. Une augmentation importante qui inquiète ceux qui étudient l’effet de l’utilisation du cannabis à un âge où le cerveau n’aurait pas terminé son développement.

Le cannabis à travers le temps

Le cannabis a une histoire unique quant à son acceptation par la société et la gent médicale. De produit officiellement reconnu comme médicament aux États-Unis, au Canada et en Angleterre pendant plus de 100 ans, il est devenu illégal dans presque tous les pays du monde. Il a fallu attendre les années 2000 avant de voir le cannabis être approuvé à des fins médicales par la Hollande et le Canada.

Sa double utilisation, à des fins récréatives et médicales explique sans doute pourquoi, encore aujourd’hui, la discussion entourant le cannabis est si polarisée.

La première description de l’utilisation thérapeutique du cannabis en Europe a lieu vers 1830 par un professeur de pharmacologie et de botanique de l’Université de Bonn en Allemagne. Puis, le médecin personnel de la reine d’Angleterre, Sir William O’Shaughnessy, découvre les propriétés analgésiques, stimulantes de l’appétit, antiémétiques, anticonvulsivantes et relaxantes musculaires chez ses patients et il en publie ses résultats. O’Shaughnessy le prescrit d’ailleurs à la reine Victoria pour ses migraines et dysménorrhées (menstruations douloureuses).

En 1923, le Canada inclut le cannabis dans la loi sur l’opium de 1908 qui devient la première mesure de prohibition du produit. Puis, en 1929, la loi sur les stupéfiants est adoptée et cette législation régira son utilisation au pays jusqu’en 1997. Durant toutes ces années, le cannabis sera diabolisé et fera l’objet d’interdictions dans tous les pays du monde.

L’Oregon deviendra le premier état américain à décriminaliser la possession de petites quantités de cannabis en 1973.

Aux Pays-Bas, le gouvernement tolérera la culture, la vente et la consommation de cannabis à partir de 1976. En 2001, le Portugal, avec sa politique de décriminalisation de toutes les drogues, aidera à amorcer une réflexion sur la pertinence et la performance de la prohibition sur l’usage des drogues. Plus récemment, l’Uruguay est devenu le premier pays à autoriser la vente de cannabis récréatif en pharmacie en 2017 et finalement au Canada, Justin Trudeau annonce le 20 juin 2018 que la consommation et la culture du cannabis deviendront légales le 17 octobre 2018.

L'utilisation médicale du cannabis

Même si le contexte légal qui a entouré l’usage du cannabis a été très restrictif, le produit n’a toutefois jamais cessé d’être étudié et utilisé pour traiter plusieurs problèmes médicaux. En 1982, un analogue synthétique du THC, le nabilone (Cesamet) est approuvé par Santé Canada pour le traitement des nausées et vomissements associés à la chimiothérapie. En 2005, le Sativex, un mélange de tétrahydrocannabinol et de cannabidiol, est approuvé comme traitement adjuvant pour le soulagement de la douleur neuropathique associée à la sclérose en plaques. Enfin, le 25 juin 2018, les États-Unis autorisent la mise en marché d’Epidiolex, un médicament à base de cannabidiol purifié pour le traitement du syndrome de Dravet et de Lennox-Gastaut, deux types d’épilepsie sévère chez les enfants.

Plusieurs études déjà réalisées permettent de conclure que le cannabis est utile dans le traitement de diverses maladies ou conditions cliniques. En voici une liste non exhaustive :

  • Nausées et vomissements
  • Anorexie et perte de poids
  • Douleur chronique
  • Sclérose en plaques

D’autre part, l’utilisation du cannabis dans les conditions suivantes semble prometteuse :

  • Lésions de la moelle épinière
  • Épilepsie
  • Syndrome de la Tourette

Et bien sûr, le cadre législatif actuel, plus souple, permettra dorénavant aux chercheurs d’étudier le cannabis dans plusieurs autres champs thérapeutiques sans les entraves de la prohibition.

Les mythes associés au cannabis

De tous les temps, le cannabis a été associé à des dangers et des risques potentiels, faux ou réels. Et ces risques ont souvent servi à justifier la prohibition. Dans la liste des mythes, on retrouve :

  • Le cannabis est une drogue portail, qui entraîne l’utilisateur à passer aux drogues dures comme la cocaïne ou l’héroïne. Il n’y a en fait aucune étude concluante qui le démontre.
  • Le cannabis peut induire la psychose chronique chez les adolescents qui en consomment. Cette affirmation est utilisée par certains professionnels de la santé pour justifier un resserrement dans les lois entourant la distribution et l’utilisation chez les jeunes de moins de 25 ans. Bien que des épisodes de psychose aiguë réversible puissent être induits par l’utilisation de fortes doses chez certains individus, il n’y a aucune étude qui démontre un lien de cause à effet entre l’utilisation du cannabis et la psychose chronique.
  • Le cannabis crée une dépendance physique et psychologique. L’utilisation quotidienne de cannabis peut créer une faible dépendance physique et psychologique. Si on le compare aux autres psychotropes, le risque de développer une dépendance au cours de la vie est de 9.1% avec le cannabis alors qu’il est de 15% pour l’alcool et 32% pour le tabac.
  • La conduite automobile sous l’influence du cannabis. Parce qu’elle affecte la vigilance et le temps de réaction, la consommation du cannabis est à proscrire si on conduit un véhicule.
  • La croyance populaire voulait que le cannabis soit criminogène (augmentation des crimes). En fait, l’alcool, les amphétamines et l’héroïne sont des agents criminogènes plus importants que le cannabis.

Les effets liés à la consommation de cannabis

Le cannabis est un perturbateur du système nerveux central. Suite à sa consommation, on observe les effets suivants échelonnés en deux phases :

1ère phase

  • Euphorie
  • Sensation de bien-être et satisfaction
  • Impression de calme et de relaxation
  • Désinhibition
  • Augmentation de la confiance en soi
  • Loquacité
  • Gaieté allant jusqu’à l’hilarité
  • Sociabilité
  • Insouciance
  • Distorsion de la perception du temps (le temps semble passer plus lentement)
  • Accentuation des perceptions sensorielles
  • Pensée magique (impression de pouvoir accomplir des tâches complexes plus facilement)

2e phase (environ une heure après inhalation de cannabis)

  • Analgésie (soulagement de la douleur)
  • Amélioration de la vision nocturne
  • Soulagement de la migraine
  • Sensation d’ébriété
  • Troubles d’apprentissage
  • Diminution de l’attention
  • Troubles de concentration
  • Diminution de la mémoire immédiate et retardée à court et moyen terme
  • Élocution bredouillante
  • Fatigue
  • Affaiblissement des réflexes
  • Diminution de l’habilité à planifier, organiser, raisonner
  • Ralentissement du temps de réaction
  • Diminution de la vigilance
  • Léthargie (se sentir endormi)
  • Catalepsie (perte de la flexibilité motrice avec rigidité, mais conservation des aptitudes)
  • Baisse de la capacité à accomplir des tâches complexes
  • Troubles de la coordination des mouvements
  • Baisse de la capacité de conduite d’un véhicule

Ces effets vont généralement durer moins de quatre heures après la consommation de cannabis et leur intensité est généralement reliée à la dose. Chez les personnes plus vulnérables ou à de plus fortes doses, les effets suivants peuvent être observés :

  • Dysphorie (Malaise général)
  • Anxiété
  • Crise d’angoisse
  • État de panique
  • Perturbation du jugement
  • Sédation et somnolence
  • Altération du sommeil
  • Confusion
  • Désorientation
  • Dépersonnalisation
  • Dépression (peut s’observer chez les nouveaux usagers ou chez les gros consommateurs)
  • Hallucinations visuelles et auditives
  • Paranoïa
  • Psychose toxique (rare et avec de fortes doses)
  • Vertiges
  • Étourdissements
  • Convulsions (si la concentration du THC est élevée et celle du cannabidiol faible)
  • Hypothermie
  • Rougeur des yeux et mydriase (dilatation des pupilles)
  • Réduction de la salivation et sécheresse de la bouche
  • Stimulation de l’appétit (en particulier pour les aliments sucrés)
  • Relâchement musculaire
  • Tachycardie (augmentation du rythme cardiaque) qui pourrait entraîner une augmentation du risque de développer un infarctus chez les personnes à risque. Ce risque semble augmenter dans les 60 minutes qui suivent la consommation et s’estompe rapidement, (selon une enquête réalisée chez plus de 3,000 personnes)
  • Hypoglycémie
  • Augmentation de la libido

Note : Plusieurs des informations contenues dans cet article proviennent de l’ouvrage de Mohamed Ben Amar, professeur de pharmacologie et toxicologie de l’Université de Montréal, publié en septembre 2018.

Sources:

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