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Dépistage des ITSS, quel test effectuer?

Raymond Lepage, Ph. D., Docteur en biochimie
Raymond Lepage, Ph. D., Docteur en biochimie
Vulgarisateur scientifique

Effectuer un dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) n’est jamais anodin. Les raisons d’effectuer cette démarche peuvent varier en fonction de l’intensité de son activité sexuelle, d’un comportement à risque ou d’un soupçon d’infection à la suite de l’apparition de divers symptômes, par exemple. Il se pourrait alors qu’une recherche ciblée suffise ou au contraire qu’elle doive être plus complète pour s’assurer d’obtenir de bons résultats. Comment savoir quels sont les types de tests préconisés par les spécialistes de la santé selon sa situation?

Certaines ITSS en hausse au Québec

Chaque année, plus de 40 000 personnes au Québec reçoivent un résultat d’ITSS positif. Parmi ces cas, la chlamydia est en augmentation de 19 % depuis 2014. Les diagnostics de gonorrhée ont plus que doublé dans le même temps. Enfin, les cas de syphilis et de lymphogranulomatose vénérienne sont en recrudescence alors que ces maladies semblaient presque éradiquées à la fin des années 1990 [1].

En revanche, les diagnostics d’hépatites et de VIH sont également en diminution depuis 2014. Pour autant, le nombre de cas reste encore conséquent (pour l’hépatite C, 1 300 cas ont été dénombrés en 2018) et pèse lourdement sur le réseau de la santé [2].

L’importance du dépistage

En 2018, la moitié des nouveaux cas de VIH déclarés dans la province l’ont été à la suite d’un diagnostic tardif et donc à un stade avancé de la maladie. De plus, les résultats des tests ont parfois révélé un cumul d’ITSS chez une même personne. Ces situations entraînent inévitablement une plus grande difficulté à soigner et à guérir les sujets et augmentent la pression sur un réseau de la santé déjà fortement sollicité en raison des cas de COVID-19 [3].

Dans une moindre mesure, pour des ITSS plus bénignes, un dépistage tardif multiplie tout de même les risques de contagion entre partenaires. Il augmente aussi les probabilités de conserver des séquelles à plus long terme.

Le dépistage reste donc encore et toujours l’un des meilleurs moyens d’éviter la propagation et d’augmenter les chances de guérison des ITSS.

Quelles sont les personnes les plus à risque de contracter une ITSS?

D’après l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ), les jeunes de 15 à 24 ans représentent une population plus à risque. Les hommes ayant des rapports sexuels avec d’autres hommes (HARSAH) sont aussi particulièrement touchés par les ITSS. 

Enfin, la population carcérale, les personnes qui consomment de la drogue (principalement par injection) ainsi que les travailleurs et travailleuses du sexe font partie des profils les plus susceptibles d’être confrontés à une ITSS. C’est également le cas pour les personnes vivant dans des régions du Canada moins bien couvertes par les services de santé [4].

Des populations particulièrement touchées

Les études montrent que les HARSAH représentent une part importante de la population touchée par les ITSS et notamment les plus graves comme le VIH ou l’hépatite C. Ils sont aussi majoritairement touchés par la syphilis et la lymphogranulomatose vénérienne. 

Pour leur part, les utilisatrices et utilisateurs de drogues injectables sont principalement affectés par l’hépatite C et le VIH. Le partage d’aiguilles souillées constitue dans ce cas le principal risque d’infection et l’effort de prévention doit donc s’orienter vers l’offre de matériel stérile [5].

Les comportements susceptibles d’augmenter les risques d’infection

Certaines habitudes peuvent considérablement augmenter les possibilités de contracter une ITSS :

  • Consommation de drogues (pas forcément injectables) ou d’alcool qui peuvent altérer le jugement et augmenter la prise risque;
  • Rapports sexuels non protégés et multiplication des partenaires pendant l’acte ou sur une courte période;
  • Tatouages effectués dans des conditions non stériles.

Il existe aussi des facteurs de risque qui ne sont pas inhérents aux comportements, tels que :

  • Les contacts avec une aiguille souillée (dans un cadre professionnel ou non);
  • Les transfusions de sang ou de tissus;
  • Les agressions sexuelles [6].

Quels tests effectuer en fonction des facteurs de risque?

Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) a élaboré et publié un tableau qui indique les principaux risques de contracter une ou des ITSS et les dépistages recommandés en fonction de ces risques. Le consulter peut permettre de choisir le dépistage adapté selon les risques encourus.

Consultez le tableau des ITSS à rechercher selon les facteurs de risque décelé.

Quelles sont les fenêtres pour se faire dépister selon l’infection?

Un test ponctuel peut être envisagé lorsqu’une personne estime avoir eu un comportement à risque dernièrement ou qu’elle soupçonne une possible infection. Dans ces cas-là, il ne sert à rien de se précipiter vers une clinique médicale dans la toute première semaine (à moins d’observer des symptômes particuliers). Une infection prend généralement plusieurs jours avant de se développer dans le corps et devenir repérable lors d’un dépistage.  Dans certaines situations, des gestes préventifs peuvent être effectués (lors d’un contact avec une aiguille souillée, par exemple). Il est donc important de parler rapidement à des spécialistes de la santé ou à votre médecin de famille en cas de doute. 

Pour du soutien professionnel, nous sommes là.

Nous offrons une vaste gamme de services liés aux ITSS. Les résultats des tests de dépistage de la chlamydia, de la gonorrhée, de la syphilis, de l’hépatite B et du VIH sont disponibles en moins de 24 h. Une ordonnance d’un médecin est nécessaire.

Vous avez une ordonnance médicale en main pour ces tests? Prenez rendez-vous en ligne ou joignez le service à la clientèle de Biron Groupe Santé au 1 833 590-2712.

Sources3
  1. [1] Ministère de la Santé et des Services sociaux (2018). Les infections transmissibles sexuellement et la santé sexuelle des Québécois en quelques chiffres. https://msss.gouv.qc.ca/professionnels/statistiques-donnees-sante-bien-etre/flash-surveillance/itss-et-sante-sexuelle-des-quebecois/
  2. [2], [3], [4], [5] Institut national de santé publique du Québec (2018). Portrait des infections transmissibles sexuellement et par le sang (ITSS) au Québec : année 2018 et projections 2019. https://www.inspq.qc.ca/publications/2612
  3. [6] Ministère de la Santé et des Services sociaux (2014). Guide québécois de dépistage des infections transmissibles sexuellement et par le sang. https://publications.msss.gouv.qc.ca/msss/document-000090/
Raymond Lepage, Ph. D., Docteur en biochimie
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