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Les maux de ventre

Quand faut-il s’inquiéter des maux de ventre?

Ils nous inquiètent ou nous ennuient tout au long de notre vie. Qu’il s’agisse des coliques des nouveau-nés qui angoissent tant les parents, des douleurs menstruelles, de l’inconfort digestif ou du syndrome du côlon irritable qui affecterait 20 % des jeunes adultes, les maux de ventre font hélas partie du quotidien. Si ces malaises sont généralement passagers et bénins, certains sont sévères et chroniques, alors que d’autres indiquent que notre vie est peut-être en danger. Ce petit guide vous offre un aperçu des maux de ventre qui pourraient nécessiter une attention immédiate.

Parties du corps affectées par les maux de ventre

La liste des maux de ventre est très longue. La localisation de la douleur en neuf zones est une façon intéressante de les regrouper. Commençons par voir quelles sont les atteintes les plus probables dans chacune des neuf zones de l’abdomen où la douleur est ressentie, sans oublier que ces zones ne sont pas franchement délimitées, ni de gauche ou droite par rapport au centre, ni du haut vers le bas. Il faut également tenir compte qu’il existe des douleurs référées, soit des douleurs ressenties ailleurs qu’à la partie du corps où se produit une lésion. La douleur au bras gauche qui accompagne souvent l’infarctus et celle à la mâchoire ou l’omoplate causée par un calcul (pierre) dans la vésicule biliaire en sont de bons exemples.

j'ai mal au ventre

Région supérieure de l’abdomen (épigastre)

La région épigastrique est située entre le bas de la cage thoracique et quelques centimètres au-dessus du nombril. Les douleurs qui s’y manifestent – surtout du côté droit ou au centre du corps – sont associées aux problèmes de foie et de vésicule biliaire. Celles liées à l’estomac, au duodénum et au pancréas apparaissent le plus souvent au centre ou du côté gauche du corps.

Coté droit (hypocondre droit) Centre (région épigastrique) Côté gauche (hypocondre gauche)
Calculs (pierres dans la vésicule biliaire) Brûlements d’estomac Dyspepsie fonctionnelle
Cholécystite (inflammation de la vésicule biliaire) Indigestion Gastrite (inflammation de l’estomac)
Ulcère gastrique (à l’estomac) Hernie hiatale Ulcère gastrique (à l’estomac)
Ulcère duodénal Ulcère gastrique (à l’estomac) Pancréatite
Hépatite (inflammation du foie) Ulcère duodénal
Hépatite (inflammation du foie)

Les douleurs indiquant une atteinte pulmonaire (pneumothorax, pleurésie) ou un trouble cardiaque (infarctus) se manifestent surtout au niveau de la cage thoracique et peuvent également irradier vers l’abdomen supérieur.

Zone ombilicale

C’est dans la région située au niveau du nombril et des flancs gauche et droit qu’on retrouve les reins et la majeure partie de l’intestin grêle et du gros intestin. Aux problèmes fréquents et généralement peu inquiétants de constipation occasionnelle s’ajoutent des maladies inflammatoires sévères de l’intestin comme la maladie de Crohn, la colite ulcéreuse et les atteintes parfois extrêmement douloureuses aux reins.

Flanc droit Centre (région ombilicale) Flanc gauche
Calculs (pierres) au rein droit Hernie ombilicale Calculs (pierres) au rein gauche
Infections rénales Appendicite débutante Infections rénales
Maladie inflammatoire de l’intestin (Crohn, colite ulcéreuse) Ulcère gastrique Maladie inflammatoire de l’intestin (Crohn, colite ulcéreuse)
Constipation Maladie inflammatoire de l’intestin Constipation
Pancréatite

Région sus-pubienne (hypogastre)

La vessie, l’appendice et une partie importante du gros intestin et du côlon sont situés entre le nombril et le pubis (hypogastre). Chez la femme s’y trouvent également l’utérus et les ovaires ; chez l’homme, la prostate.

Fosse iliaque droite Centre (région hypogastrique) Fosse iliaque gauche
Appendicite Infection à la vessie Constipation
Maladie inflammatoire de l’intestin (Crohn, colite ulcéreuse) Prostatite Syndrome du côlon irritable
Constipation Diverticulite Maladie inflammatoire de l’intestin (Crohn, colite ulcéreuse)
Douleurs gynécologiques Maladie inflammatoire de l’intestin (Crohn, colite ulcéreuse) Douleurs gynécologiques
Hernie inguinale Hernie inguinale
Douleurs gynécologiques

Quand faut-il consulter ?

Il n’est pas facile d’évaluer la gravité d’une douleur abdominale ou de distinguer celles qui requièrent l’intervention immédiate d’un urgentologue de celles qui peuvent être examinées plus tard dans un cabinet de médecine générale. Les urgences médicales sont le plus souvent caractérisées par une détérioration importante de l’état général de l’individu et par leur apparition subite. Cela inclut l’aggravation soudaine d’une douleur chronique qui était tolérable jusque-là.

En règle générale, il est conseillé de consulter rapidement pour tout mal de ventre qui perdure depuis plus d’une semaine. Il faut également consulter en urgence pour toute douleur abdominale très aiguë, sévère et soudaine accompagnée, selon le cas, par des douleurs à la poitrine, au cou ou aux épaules, ou par la présence de sang dans les vomissements ou dans les selles ou encore si on a l’abdomen tendu, dur et sensible au toucher.

Urgences médicales ou chirurgicales

Le choc hémorragique et le choc septique

La plus grande urgence est le « choc », un ralentissement sévère de la circulation sanguine qui entraîne un manque de sang au niveau des différents organes. L’état de choc se manifeste notamment par une très grande faiblesse pouvant aller jusqu’à la perte de conscience, de l’angoisse avec un sentiment de mort imminente, de la pâleur, des extrémités froides et bleuies, des sueurs froides, un pouls difficile à percevoir et accéléré, des respirations rapides et superficielles. On constate également une forte diminution (oligurie) ou un arrêt complet (anurie) de l’excrétion d’urine. Heureusement, peu de maux de ventre vont dégénérer en état de choc. Le choc peut être hémorragique lorsqu’il survient à la suite d’un saignement intra-abdominal (intrapéritonéal) important comme la rupture d’un anévrisme de l’artère abdominale ou encore une grossesse extra-utérine rompue. Le choc peut être septique (infectieux) lorsque des bactéries ou d’autres micro-organismes envahissent l’organisme à partir d’une perforation du tube digestif ou d’une infection des voies biliaires (angiocholite). Il peut également survenir lors d’une crise d’appendicite lorsque la rupture de cette dernière entraîne une infection du péritoine (péritonite)[1].

Appendicite

L’appendice est une petite excroissance, ou petit sac, de 2 à 10 cm (1 à 4 pouces) située à la jonction du petit et du gros intestin (fosse iliaque droite) dont la forme rappelle un ver de terre. Bien que son rôle soit toujours mal connu, il pourrait être associé au système immunitaire. L’appendicite, ou l’inflammation soudaine de l’appendice, se manifeste surtout au sein d’une jeune population chez qui il s’agit de l’urgence médicale la plus fréquente (6 % des individus de 10 à 30 ans). Elle est le plus souvent causée par l’accumulation dans l’appendice de matières fécales, de mucus ou de corps étrangers. L’une de ses caractéristiques est le déplacement de la douleur, qui se manifeste d’abord près du nombril, puis s’étend vers la partie inférieure droite de l’abdomen. Elle s’accroît avec le temps et est aggravée par une pression sur l’abdomen en toussant, en marchant ou même en respirant. Des nausées, des vomissements, une perte d’appétit, une faible fièvre, de la constipation ou de la diarrhée, des ballonnements et un abdomen rigide constituent des symptômes de l’appendicite.

L’occlusion intestinale mécanique et l’iléus paralytique

L’iléus peut être causé par une obstruction mécanique qui empêche le transit normal du contenu de l’intestin vers le rectum. L’iléus (paralytique) peut également survenir après un arrêt complet des contractions (péristaltisme) du tube digestif. Dans les deux cas, il entraîne un arrêt partiel ou total du passage des matières fécales, une distension douloureuse de l’intestin et une probabilité que les germes qu’il contient se propagent au péritoine (péritonite et septicémie). L’iléus est une condition aiguë différente de la constipation simple (ne pas aller à la selle pendant plus de trois jours). Bien que la constipation soit souvent déjà présente, l’iléus sera généralement accompagné de nausées, de vomissements, d’une perte d’appétit, d’un gonflement de l’abdomen et de crampes abdominales douloureuses.

La cholécystite aiguë

La cholécystite aiguë est souvent une complication de la présence de calculs (pierres) dans la vésicule biliaire. Elle se manifeste par une douleur très intense au côté supérieur droit de l’abdomen, inhabituelle et prolongée (jusqu’à plusieurs heures) irradiant vers l’épaule et la mâchoire et accompagnée de fièvre et souvent de nausées. Le médecin diagnostiquera la cholécystite la plupart du temps en palpant l’abdomen sous les côtes, du côté droit. Cette dernière est fortement envisagée si le patient ressent une douleur qui bloque l’inspiration d’air par les poumons.

La colique néphrétique

La colique néphrétique est une douleur intense, souvent décrite comme « atroce », ressentie le plus souvent dans le bas du dos, mais qui peut irradier vers l’aine, le flanc, puis l’abdomen, toujours d’un seul côté du corps. Ces symptômes sont caractéristiques de reins affectés, souvent par la présence de pierres (calculs) qui se déplacent, bloquent les conduits et augmentent la pression dans le rein et les voies urinaires. Parfois, la prise d’analgésiques et l’application de la chaleur (bains chauds) peuvent calmer la douleur, mais il est suggéré de se rendre à l’urgence si elle devient intense et n’est pas soulagée par les analgésiques oraux, s’il y a présence de fièvre accompagnée d’autres symptômes d’infection urinaire (picotements ou sensation de brûlure quand vous urinez, sang dans les urines, etc.), si vous êtes enceinte ou si vous n’avez qu’un seul rein fonctionnel[2].

La pancréatite

Le pancréas est un organe situé du côté supérieur de l’abdomen, derrière l’estomac. Il joue un rôle essentiel dans la digestion en sécrétant les enzymes nécessaires à l’assimilation des aliments et est également responsable de la production d’insuline. Son inflammation (pancréatite) est le plus souvent causée par la présence de calculs (pierres) dans les voies biliaires qui se déplacent et qui bloquent le canal pancréatique permettant le passage dans l’intestin des enzymes digestives produites par le pancréas. Ce blocage entraîne l’activation de ces enzymes digestives à l’intérieur même du pancréas, provoquant un engorgement de la glande et d’intenses douleurs. L’alcool représente une cause fréquente de la pancréatite aiguë qui peut également survenir chez un individu déjà atteint d’une pancréatite chronique. L’apparition brutale d’une douleur intense dans le haut de l’abdomen fait en sorte que la personne atteinte cherchera généralement à la soulager en adoptant une position repliée en chien de fusil (position fœtale). La fièvre et les vomissements sont fréquents. Dans le tiers des cas, la pancréatite aiguë sera accompagnée d’une occlusion intestinale (abdomen enflé, douloureux et sensible au toucher). C’est principalement la douleur qui justifiera de se présenter à l’urgence. Il existe plusieurs risques de complications à long terme de la pancréatite lorsqu’elle est chronique : diabète, infections, insuffisance rénale, troubles de digestion, etc.

Grossesse ectopique et torsion de l’ovaire

Les douleurs abdominales chez les femmes sont courantes. La plupart sont heureusement bénignes, mais quelques-unes peuvent signaler un problème important qui nécessite soit une visite à l’urgence, soit, à tout le moins, une consultation avec un professionnel de la santé. La grossesse ectopique (extra-utérine) constitue une urgence en raison des risques d’hémorragie lorsqu’il y a rupture de la trompe de Fallope dans laquelle l’embryon a commencé à se développer. Elle est sournoise, en particulier quand la femme ne sait pas qu’elle est enceinte. Les premiers symptômes, comme les crampes et les faibles saignements vaginaux, peuvent survenir de trois à six semaines après la fécondation. Ils peuvent rapidement s’aggraver avec l’apparition d’une douleur vive du côté de la trompe affectée et une irradiation de celle-ci vers l’épaule. La rupture de la trompe entraînera des douleurs abdominales intenses, une hémorragie interne avec chute de la tension artérielle et éventuellement, un état de choc.

Une torsion de l’ovaire peut également constituer une urgence médicale. Il s’agit d’un phénomène plutôt rare qui survient lorsque les ovaires augmentent de volume (début de grossesse, stimulation de fertilité, kyste ou tumeur de l’ovaire). Cette condition, caractérisée par une douleur brutale et intense, est souvent décrite comme un coup de poignard au bas-ventre, généralement accompagné de nausées et de vomissements. Le suivi médical immédiat est requis pour la soulager, mais aussi pour éviter la nécrose de l’ovaire. Dans la plupart des cas, l’ovaire se détordra de lui-même, mais si cela ne se réalise pas dans les six premières heures, une intervention chirurgicale sera nécessaire.

Si elles ne constituent normalement pas une raison de consulter en urgence, les infections gynécologiques, les crampes menstruelles qui empêchent de vaquer à ses occupations habituelles, l’endométriose, le fibrome utérin et les kystes ovariens nécessitent un suivi médical approprié.

Peu importe la situation, en cas de doute, n’hésitez pas à consulter un professionnel de la santé ou à joindre la ligne Info-Santé 811.

Pourquoi ai-je mal au ventre ou à l’estomac? Ce petit guide vous permet de mettre des noms sur vos maux et de vous orienter, pour une meilleure santé.

Si vous avez des questions ou désirez obtenir plus d’information, n’hésitez pas à contacter le service à la clientèle de Biron Groupe Santé au 1 833 590-2715.

  1. Oulhaci De Saussure, Wassila, Elisabeth Andereggen et François Sarasin. “Quand référer aux urgences un patient présentant des douleurs abdominales ?” Revue médicale suisse, vol. 6, 2010. Chêne-Bourg, Éditions Médecine & Hygiène. [En ligne] https://www.revmed.ch/RMS/2010/RMS-259/Quand-referer-aux-urgences-un-patient-presentant-des-douleurs-abdominales (Consulté le 21 juin 2019).
  2. Solano, Catherine. “La colique néphrétique.” Passeport Santé, juin 2014. [En ligne] https://www.passeportsante.net/fr/Maux/Problemes/Fiche.aspx?doc=colique-nephretique (Consulté le 21 juin 2019).

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