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Veuillez noter qu’une maintenance de nos systèmes est en cours, ce qui affecte la disponibilité de certaines applications. La situation devrait être rétablie sous peu.
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La recherche de sang dans les selles

Dr Raymond Lepage
Conseiller scientifique sénior

En quoi consiste ce test?

On l’appelle SSi (Sang dans les Selles immunologique) chez Biron. La littérature médicale parle du FIT (Fecal Immunochemical Test) tandis que dans les hôpitaux et les CLSC, on parlera plutôt de RSOSi (Recherche de Sang Occulte dans les Selles). Quel que soit son nom, la recherche de sang dans les selles à l’aide d’une technique immunologique est un test extrêmement utile pour dépister le cancer du côlon.

Le test est basé sur le fait que les gros polypes, les tumeurs (aussi appelés adénomes) et les cancers du côlon laissent échapper de très petites quantités de sang dans notre intestin, et que ce sang se retrouvera dans nos selles. Ces quantités sont généralement trop faibles pour être détectées à l’œil nu, c’est pourquoi on parle de sang « occulte ». En théorie, plus le polype, la tumeur ou le cancer est gros et avancé, plus la quantité de sang dans les selles sera importante, mais ce n’est pas toujours le cas : les écoulements de sang ne sont pas réguliers et il est possible qu’une tumeur, même de bonne taille, n’ait pas suffisamment saigné lors de la journée où vous collectez votre échantillon de selles pour que la recherche soit positive. J’y reviendrai.

Un test diagnostique ou de dépistage?

La recherche de sang occulte dans les selles n’est pas un test diagnostique : c’est un test de dépistage. Parce que plusieurs autres situations peuvent entraîner la présence de sang dans les selles, un test de SSi positif ne signifie pas nécessairement qu’un cancer est présent. Des hémorroïdes, une fissure anale, de la constipation ou des maladies inflammatoires de l’intestin peuvent également entraîner du sang dans les selles. En fait, si votre recherche de sang est positive, on estime à 25 % (une sur quatre) la probabilité que le saignement soit dû à un gros polype ou une tumeur « colorectale », et à environ 2,5 % (une sur quarante) la probabilité qu’un cancer soit présent. La seule façon de le savoir, c’est de passer une coloscopie (aussi appelée colonoscopie), cet examen qui consiste à insérer un tube par le rectum et de le « pousser » le plus loin possible tout le long du gros intestin à la recherche d’une tumeur ou d’un cancer, en profitant de l’occasion pour enlever au passage les polypes ou tumeurs qui pourraient éventuellement devenir problématiques. Il existe également une coloscopie appelée « coloscopie virtuelle » faite par les radiologistes qui permet une aussi bonne détection des polypes, tumeurs, cancers et autres anomalies, mais qui ne permet pas de les enlever à la même occasion. La coloscopie, qu’elle soit ordinaire ou virtuelle est un examen coûteux, difficilement accessible et non sans inconfort et risque de complications. C’est pourquoi, à moins d’un facteur de risque particulier, il est plus pratique de passer d’abord une recherche de sang occulte et de poursuivre par la suite, seulement si le test de sang est positif, avec une coloscopie. C’est le principe à la base de tous les programmes de dépistage du cancer du côlon, incluant celui du Québec.

La recherche de sang dans les selles est le meilleur test de dépistage pour une population qu’on dit « à risque moyen » d’avoir un cancer du côlon. La population « à risque moyen » inclut les hommes et femmes de cinquante ans et plus sans facteur de risque supplémentaire comme des parents du premier degré (père, mère, frère ou sœur) ayant obtenu un diagnostic de cancer colorectal, le fait que vous ayez déjà eu un cancer du côlon ou encore une maladie avec beaucoup de polypes, etc. On considère que, dans ces cas, la coloscopie est de toute façon inévitable, et l’on peut donc sauter l’étape de recherche de sang dans les selles.

Que signifie un résultat négatif?

Étant donné que les tumeurs ne libèrent pas de sang de façon continue, un test négatif n’élimine pas entièrement la possibilité qu’une tumeur ou un cancer soit présent. C’est la raison pour laquelle le test doit être répété au minimum aux deux ans (programme du MSSS) ou préférablement tous les ans (recommandations américaines). Certaines provinces canadiennes (Terre-Neuve, Colombie-Britannique, Nouvelle-Écosse) demandent même la collecte de deux spécimens consécutifs pour augmenter la détection des cancers.  

Le cancer du côlon est le deuxième cancer le plus meurtrier chez l’homme, après le cancer du poumon. Chez la femme, il est le troisième après celui du sein et celui du poumon. Il est bien connu que plus le cancer du côlon est détecté tôt, plus il est facile d’en guérir. La recherche de sang dans les selles demeure une technique simple, abordable et très efficace pour le dépister.

Vous avez entre 50 et 75 ans et vous pensez que vous faites partie de la population à « risque moyen »? N’hésitez pas à suivre les recommandations de votre médecin concernant la recherche de sang dans les selles : ça pourrait sauver votre vie!

Si vous avez des questions ou désirez obtenir plus d’information, n’hésitez pas à contacter le service à la clientèle de Biron Groupe Santé au 1 800 463-7674.

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