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Santé A à Z  —  8 minutes

Cancer du col de l’utérus : le test Pap remplacé par un test de détection du VPH

09 juin 2022
Équipe Biron
Équipe Biron
info@biron.com

Le ministère de la Santé du Québec remplacera le traditionnel test Pap pour le dépistage primaire du cancer du col de l’utérus par un test de détection des virus du papillome humain (test VPH) [1]. Il suivra en cela les recommandations de l’Institut national d’excellence en santé et en services sociaux du Québec (INESSS), qui juge que le test VPH est un outil plus performant que le test Pap [2].

Le Québec rejoindra ainsi un nombre grandissant de pays dont l’Australie et les Pays-Bas et certaines provinces canadiennes, comme l’Ontario et la Colombie-Britannique, où cette approche est à l’étude ou en voie d’être mise en œuvre.

Les VPH, les grands responsables du cancer du col de l’utérus

Santé Canada estime que 1440 Canadiennes développeront un cancer du col utérin en 2021 et que 380 en mourront. Au Québec, cela représente 280 nouveaux cas et 80 décès [3]. Ce type de cancer résulte presque toujours d’une infection par un virus du papillome humain (VPH), généralement transmis sexuellement.

Si une infection à VPH se résorbe normalement en 18 à 24 mois chez la plupart des individus, certains types de virus peuvent entraîner des changements (dysplasies) dans les cellules du col utérin susceptibles de se transformer en cancers. Notamment, les VPH 16 et 18 sont responsables à eux seuls de 70% de tous les cancers du col utérin [4].

Le test Pap : un outil historique

La survie au cancer du col utérin s’est améliorée de façon remarquable dans les pays industrialisés au cours des 50 dernières années. Ainsi, de 1972 à 2006 au Canada, le taux de survie a augmenté de 70% [5]. Cette amélioration est due en partie au dépistage cytologique, le célèbre test Pap mis au point par le médecin grec George Papanicoulaou en 1943.

Le test Pap permet de déceler des cellules anormales du col de l’utérus. Si le résultat est positif, on effectue une colposcopie, un examen visuel plus précis du col utérin et des tissus suspects, suivie possiblement d’une biopsie pour une évaluation diagnostique plus poussée.

Ces examens constituent les principaux éléments du programme québécois de dépistage du cancer du col de l’utérus depuis des décennies. Le problème, c’est que le test Pap n’est pas aussi performant que le test VPH, issu du développement des technologies d’analyses de l’ADN dans les années 1980.

Raymond Lepage, Ph. D., Docteur en biochimie
Raymond Lepage, Ph. D., Docteur en biochimie
Vulgarisateur scientifique

Avantages et limites du test VPH

Avec la détection directe de l’ADN des VPH, les résultats sont beaucoup plus précis. Selon une étude canadienne, la capacité des tests VPH à détecter la présence de lésions précancéreuses est de 94,6 %, comparativement à 55,4 % pour le test Pap [6].

Parce qu’il génère moins de faux négatifs, le test VPH pourrait être réalisé tous les cinq ans au lieu des deux ou trois ans exigés pour le test Pap.

Le test VPH souffre toutefois d’un manque de spécificité. Il détecte effectivement la présence des différents types de virus, même en l'absence de lésions précancéreuses ou cancéreuses (on pourrait parler ici de faux positifs). Comme les VPH sont présents chez 75% des jeunes femmes actives sexuellement, un résultat positif au VPH dans cette population générerait un nombre élevé de colposcopies dont les résultats seraient finalement négatifs.

De son côté, le test Pap est très spécifique: 97% des patientes avec un résultat positif présentent effectivement des cellules suspectes, ce qui diminue considérablement les colposcopies « inutiles ». C’est pourquoi l’INESS recommande de faire un test Pap avant de prescrire une colposcopie si le test VPH détecte des virus à risque moins élevé. Les personnes qui ont des résultats positifs aux VPH 16 et 18 devraient quant à elles être dirigées directement vers la colposcopie.

Une nouveauté à l’étude : l’autoprélèvement

Alors que le test Pap nécessite des prélèvements dans des zones précises du col de l’utérus, ce qui exige la participation d’un professionnel de la santé, le test VPH ne requiert qu’un simple prélèvement cervical ou vaginal et peut donc se prêter à un autoprélèvement.

La plupart des études montrent que la sensibilité de détection des VPH dans les spécimens obtenus par autoprélèvement est aussi bonne que celle réalisée par un clinicien.

Selon l’INESSS, l’autoprélèvement permettrait d’accroître le taux de participation des personnes présentement sous-dépistées (autochtones, femmes immigrées, population LGTBQ+, etc.), surtout si la trousse et le prélèvement peuvent être envoyés par la poste.

En fait, la grande majorité des femmes trouvent l’autoprélèvement acceptable, voire avantageux. Il est facile à réaliser, n’est pas douloureux et ne nécessite pas de rendez-vous en clinique. Les femmes apprécient également son caractère privé et le fait qu’il leur confère une prise en main de leur santé. Un projet pilote réalisé en Estrie en avril 2022 témoigne bien de l’intérêt des Québécoises pour cette méthode: les 400 trousses d’autoprélèvement ont été distribuées en une seule journée [7].

En attendant le changement officiel de méthode de dépistage,, les femmes actives sexuellement (ou qui l’ont été) devront continuer à obtenir le test Pap aux deux ou trois ans.

Pour du soutien professionnel, nous sommes là.

Nous offrons une vaste gamme de services liés au VPH et aux autres ITSS. Les résultats des tests de dépistage de la chlamydia, de la gonorrhée, de la syphilis, de l’hépatite B et du VIH sont disponibles en moins de 24 h. Une ordonnance d’un médecin est nécessaire.

Sources7
  1. Isabelle Paré (31 mai 2022). « Le test Pap remplacé par un test de détection du VPH », Le Devoir, https://www.ledevoir.com/societe/sante/717126/sante-le-test-pap-remplace-par-un-test-de-detection-du-vph
  2. Institut national d’excellence en santé et en services sociaux (2022). Dépistage du cancer du col de l’utérus au Québec : recommandations pour l’implantation du test de détection des virus du papillome humain (test VPH) comme test de dépistage primaire. INESSS, Québec, 182 p. https://www.inesss.qc.ca/fileadmin/doc/INESSS/Rapports/Oncologie/INESSS_Cancer_col_uterus_Avis.pdf
  3. Comité consultatif des statistiques canadiennes sur le cancer, en collaboration avec la Société canadienne du cancer, Statistique Canada et l’Agence de la santé publique du Canada (2021). Statistiques canadiennes sur le cancer 2021. Société canadienne du cancer, Toronto, 100 p. https://cdn.cancer.ca/-/media/files/research/cancer-statistics/2021-statistics/2021-pdf-fr-final.pdf
  4. https://cancer.ca/fr/cancer-information/reduce-your-risk/get-vaccinated/human-papillomavirus-hpv#:~:text=Le%20VPH%2016%20ainsi%20que,bouche%20et%
  5. J. A. Dickinson, A. Stankiewicz, C. Popadiuk et coll. (2012) « Reduced cervical cancer incidence and mortality in Canada: national data from 1932 to 2006 », BMC Public Health, 12(992), https://doi.org/10.1186/1471-2458-12-992
  6. Marie-Hélène Mayrand, Eliane Duarte-Franco, Isabel Rodrigues, Stephen D. Walter, James Hanley, Alex Ferenczy, Sam Ratnam, François Coutlée, Eduardo L. Franco (2007). « Human Papillomavirus DNA versus Papanicolaou Screening Tests for Cervical Cancer », The New England Journal of Medicine, 357:1579-1588, https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/nejmoa071430
  7. Claude Plante (5 avril 2022). « Autodépistage du cancer du col de l’utérus : toutes les trousses ont été distribuées », La Voix de l’Est, https://www.lavoixdelest.ca/2022/04/05/autodepistage-du-cancer-du-col-de-luterus--toutes-les-trousses-ont-ete-distribuees-498fa631f31f2dced7dd054e09b10820
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