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Comment soigner une blessure de course

La course est une activité cardio-vasculaire qui comporte de nombreux bénéfices. Cependant, comme dans tout sport, elle comporte aussi des risques de blessures. Savoir bien identifier un début de blessure et utiliser un traitement approprié, dont l’imagerie médicale, est primordial pour continuer de courir en toute sécurité.

L'effet de la course sur le corps

La gravité est ce qui cause la majorité des blessures de course. Lorsqu’on court, notre corps entier est projeté vers l’avant et dans les airs. Après cette poussée, la gravité pousse notre corps à redescendre au sol. Nos muscles, tendons et stabilisateurs ont la tâche d’absorber une force qui est supérieure à notre poids corporel, et ce à chaque pas.

Les blessures de course touchent principalement les genoux, les jambes et les pieds.[1]

Zone % du total des blessures de course
Genoux 7 à 50
Pieds 6 à 39
Partie supérieure des jambes 3 à 38
Partie inférieure des jambes 9 à 32
Bas du dos 5 à 19
Chevilles 4 à 17
Hanches, bassin, aine 3 à 12

Les premiers signes d'une blessure de course

Il est important que le coureur porte une attention particulière à son corps lors de la course et même entre les courses. Une douleur légère peut devenir plus sévère et obliger une période de repos si elle n’est pas traitée rapidement.

Selon le docteur Richard J. Price, M.D., médecin sportif du Colorado, la gravité et la durée d’une blessure de course dépend largement de ce que vous faites dès l’apparition de la douleur. Il recommande de réduire la durée et la fréquence de vos courses, de commencer un traitement et d’instaurer un programme de prévention des blessures que vous poursuivrez même lorsque la douleur sera résorbée : exercices de renforcement, d’étirement et de massage avec un rouleau mousse.[2]

Le genou du coureur

Le syndrome fémoro-patellaire, aussi appelé « genou du coureur », est la cause de douleur aux genoux la plus fréquente chez les coureurs, avec 40% des cas. La douleur provient de l'irritation du cartilage situé sous le patella (mieux connu en anglais sous l’appellation « kneecap »). Ce syndrome se fait normalement sentir durant ou après la course, lors de descentes de pentes et d’escaliers ainsi qu’après être resté en position assise pendant une longue période de temps.

La tendinose du tendon d’Achille

Le tendon d’Achille relie les deux muscles du mollet à l’arrière du talon. Ce tendon peut devenir irrité, provoquant une tendinite. La tendinose d’Achille représente 11% des blessures de course.[3]

La fasciite plantaire

Le fascia plantaire est un ligament attaché à l’os du talon et qui va jusqu’à la base des orteils. Il sert à soutenir la cambrure du pied. Lorsque le fascia plantaire est étiré, à la suite de mouvements répétitifs, une inflammation douloureuse survient. Cette inflammation provoque une douleur au talon. On parle alors de fasciite plantaire.[4]

La périostite du tibia

La périostite du tibia, aussi appelée « shin splint », consiste en une inflammation de la surface de l'os du tibia à l'attache des muscles. La plupart du temps, le diagnostic est fait par le médecin grâce à l'histoire et l'examen physique, mais l'imagerie médicale tel que l'IRM peut confirmer le diagnostic. Sans repos, cette atteinte peut se transformer en fracture de fatigue du tibia.

Cette blessure est fréquente chez les nouveaux coureurs et ceux qui reviennent au sport après une longue pause. Elle survient aussi lorsque les chaussures ne sont pas adaptées à la course et chez les coureurs avec des arches de pied trop grands ou plats.[5]

La fracture de fatigue

La fracture de fatigue (aussi appelée la fracture de stress) est occasionnée par des tensions répétées sur les os. En courant, les os des pieds, des talons et les tibias, notamment, subissent une forte pression à chaque pas. Il s’agit d’une des blessures de course les plus sérieuses.[6]

La fracture de fatigue est une blessure sérieuse. Vous ne devez donc pas courir avec une telle blessure.

À lire aussi: La fracture de fatigue du pied: une blessure courante chez les coureurs

Des traitements pour soigner les blessures de course les plus fréquentes

Traitements conservateurs

Il existe des traitements dits conservateurs pour soigner les blessures de course, notamment la physiothérapie, le repos et les anti-inflammatoires. Selon Ternest Damien, thérapeute expert en course à pied chez Kinatex Sports Physio, le traitement par onde de chocs (ou shockwave) est le dernier outil de traitement conservateur en physiothérapie pour les cas chroniques. Ce traitement non invasif est simple et compte une réussite entre 75 et 90% selon la littérature scientifique.[7]

Lorsque les traitements conservateurs ne fonctionnent pas, les patients peuvent se tourner vers une approche plus invasive, soit les infiltrations et la chirurgie.

Traitements par infiltration

Chez les patients avec un syndrome fémoro-patellaire qui ne répondent pas aux traitements conservateurs, une injection de cortisone sous guidage fluoroscopique ou échographique dans l’articulation du genou soulagera habituellement les douleurs de manière temporaire. La cortisone agit comme anti-inflammatoire et anti-douleur. D’autres types d’injections, comme les viscosuppléments ou encore le plasma riche en plaquette (PRP), peuvent souvent offrir un soulagement sur une plus longue durée.

Pour les problèmes de tendons d’Achille ou de fasciite plantaire qui ne guérissent pas avec les traitements conservateurs, votre médecin pourrait vous proposer une infiltration de cortisone. Ce traitement a un bon taux de succès pour soulager temporairement les douleurs, mais ne guérit toutefois pas le problème sous-jacent du tendon ou du fascia. Cette procédure peut cependant réduire significativement les douleurs.

Parmi les traitements avec un potentiel de guérison, on retrouve la fenestration tendineuse, consistant à faire des passages au sein du tendon avec une petite aiguille après une anesthésie locale, ou encore une injection de plasma riche en plaquette (PRP) au sein du tissu, un liquide extrait du sang prélevé de votre bras pour en concentrer les plaquettes qui contiennent, entre autres, des facteurs de croissance et qui peuvent aider à régénérer les tissus malades. Ces procédures sont rapides et peu invasives, et pourraient potentiellement permettre d’éviter une chirurgie.[8],[9]

À lire aussi : Qu'est-ce qu'un trouble musculosquelettique?

Comment prévenir les blessures de course

Oui, les blessures de course sont fréquentes. Par contre, de simples changements à vos habitudes d’entraînement peuvent minimiser le risque de vous blesser.[10]

Échauffez-vous

Ne commencez pas à courir dès que vous sortez dehors. Commencez par un échauffement de 5 à 10 minutes pour réveiller vos muscles et votre système cardio-vasculaire. Vous pouvez jogger à faible intensité ou faire des étirements dynamiques de vos bras et jambes.

Augmentez graduellement

Évitez d’augmenter la durée ou le kilométrage parcouru de manière drastique. Votre corps a besoin de s’adapter aux augmentations pour éviter de se blesser. La règle de 10% est populaire auprès de nombreux coureurs; elle stipule que l’augmentation de la course ne devrait pas dépasser 10% chaque semaine.

Soignez les blessures persistantes

Quand elles ne sont pas rapidement soignées, les blessures de course peuvent s’aggraver et vous obliger à prendre une longue pause. Consultez un physiothérapeute afin d’obtenir un traitement adapté à votre situation. En cas de tendinose chronique d’Achille ou de fasciite plantaire qui ne peuvent être guéries par la physiothérapie, un traitement par fenestration tendineuse ou d’injection de PRP sous guidage échographique pourrait aider à atteindre une guérison.

Peaufinez votre technique

Si vos blessures sont dues à une mauvaise technique de course, elles reviendront après leur traitement. Pour peaufiner votre technique, consultez une kinésiologue ou un physiothérapeute.

Choisissez des surfaces molles

Plus la surface sur laquelle vous courrez est dure, plus le choc sur vos articulations sera important. Courir sur l’herbe, des parcours de caoutchouc, du sable ou du gravier est mieux pour votre corps que de courir sur l’asphalte.

Variez les entraînements

Ajouter des sports à faible impact, comme le vélo ou la nage, à votre entraînement peut vous aider à mieux performer lors de votre course. Vous pouvez ainsi améliorer votre santé aérobique tout en donnant un répit à vos articulations.

Prévenir plutôt que guérir

La course comporte plusieurs risques de blessures, certaines étant mineures, d’autres, plus graves. Il est important pour les coureurs de savoir identifier les premiers signes d’une blessure de course et de consulter le professionnel de la santé approprié pour traiter sa blessure.

Travailler votre technique avec un professionnel peut vous aider à réduire le risque et à prévenir les blessures liées à la course. De simples conseils pourraient faire une grande différence, vous permettant d'atteindre vos objectifs en toute sécurité et avec plaisir.

Pour du soutien professionnel, nous sommes là.

Nous offrons des services qui peuvent aider votre médecin à diagnostiquer des troubles musculosquelettiques et à déterminer le traitement approprié.

Vous avez une ordonnance médicale en main pour l’un de ces tests? Prenez rendez-vous en ligne ou joignez le service à la clientèle de Biron Groupe Santé au 1 833 590-2712.

Sources10
  1. Maarten P. van der Worp et coll., « Injuries in Runners: A Systematic Review on Risk Factors and Sex Differences », PLoS One, vol. 10, no 2, 2015, e0114937. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4338213/ (source consultée le 12 mai 2021).
  2. Ashley Mateo, « Quick Fixes for the 15 Most Common Running Injuries », Runner’s World, le 27 avril 2021. https://www.runnersworld.com/health-injuries/a35994829/running-injuries/ (source consultée le 12 mai 2021).
  3. Mateo, op. cit.
  4. Uniprix, « La fasciite plantaire ». https://www.uniprix.com/fr/conseils/1/sante/la-fasciite-plantaire#:~:text=La%20fasciite%20plantaire%20est%20une,soutient%20la%20cambrure%20du%20pied (source consultée le 12 mai 2021).
  5. Mateo, op. cit.
  6. Ibid.
  7. Kinatex, « Thérapie par ondes de choc radiales ». https://www.kinatex.com/services/physiotherapie/therapie-par-ondes-de-choc-radiales/ (source consultée le 12 mai 2021).
  8. Akram Abdel Moneim Deghady et coll., « Platelet-Rich Plasma in Treatment of Plantar Fasciitis: Randomized Double-Blinded Placebo Controlled Study », Journal of Applied Clinical Pathology, vol 2, no 1, 2019, p. 1. https://scitemed.com/article/2623/Platelet-Rich-Plasma-in-Treatment-of-Plantar-Fasciitis-Randomized-Double-Blinded-Placebo-Controlled-Study (source consultée le 12 mai 2021).
  9. Dr Bailey, « Runner’s Knee (Patellofemoral Pain Syndrome) », Perimeter North Medical Associates. https://pnfm.com/about-us/articles/runners-knee (source consultée le 12 mai 2021).
  10. Daniel Yetman, « The 8 Most Common Running Injuries », healthline, le 31 juillet 2020. https://www.healthline.com/health/running-injuries (source consultée le 12 mai 2021).
Dre Roxanne Labranche
Radiologue et Kinatex