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Manque de concentration ? Le TDAH est peut-être en cause.

Michel Cameron, Ph. D.
Michel Cameron, Ph. D.
Directeur de pharmacogénomique

« Il est toujours à la dernière minute. »

« Ses parents ne sont pas assez autoritaires, c’est pour ça qu’il n’écoute pas. »

« Il ne suit pas parce qu’il ne se concentre pas. »

« S’il voulait, il pourrait. »

Ce sont des expressions que les gens qui vivent avec un trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ont souvent entendues. Vivre avec un TDAH présente manifestement des défis, mais plus on comprend ce trouble, mieux on peut s’outiller pour le maîtriser.

C’est un fait : on estime que de 5 à 9 % des enfants et des adolescents et de 3 à 5 % des adultes souffrent de TDAH [1]. Ces gens sont aussi plus susceptibles de souffrir de dépression, de troubles de l’humeur, d’anxiété et de troubles du sommeil [2].

Diagnostiquer un TDAH

Le TDAH est l’un des troubles psychiatriques les plus courants chez l’enfant, et ce trouble persiste à l’âge adulte dans environ 60 % des cas. Le TDAH est maintenant reconnu par les experts comme un trouble de neurodéveloppement, mais, comme la plupart des troubles de l’humeur, il n’est pas toujours évident d’en faire le diagnostic, surtout lorsqu’il est accompagné d’autres troubles ou maladies comme le trouble de l’opposition, les troubles de langage et l’anxiété [3-5]. Les tests de diagnostic doivent être effectués par un pédiatre ou un professionnel en santé mentale ayant de l’expérience dans le diagnostic et le traitement du TDAH.

Le diagnostic repose sur une évaluation des symptômes d’inattention et d’hyperactivité-impulsivité ainsi que sur une évaluation globale de la santé psychiatrique [6]. Parfois, un échec de traitement peut être dû au fait qu’une composante psychiatrique n’a pas été décelée, puis traitée ; ce qui peut aggraver le déséquilibre.

Lorsque les résultats scolaires ne sont pas au rendez-vous, le TDAH est souvent le principal suspect des parents et des enseignants à la recherche d’un coupable. Cependant, bien que la pression de performer à l’école incite à régler rapidement le problème, une évaluation complète et détaillée de l’élève réduit les risques de passer à côté d’une facette importante du problème et d’aggraver la situation.

La génétique en cause

La cause exacte du TDAH n’a pas encore été clairement définie, mais une récente étude confirme que la génétique joue un rôle très important. En effet, l’ADN d’une personne peut la prédisposer à développer un TDAH [7]. Les autres facteurs seraient plutôt liés à l’environnement, c’est-à-dire au milieu familial, à l’alimentation, aux habitudes de vie, etc. Actuellement, il n’existe aucun test génétique pour prédire les risques de souffrir d’un TDAH.

Un parent aux prises avec un TDAH court 50 % de risques d’avoir un enfant qui en est atteint [8].

Les traitements

Le traitement le plus efficace du TDAH consiste généralement en une combinaison de médicaments et de thérapies psychologiques et comportementales. Il est important d’établir une étroite coopération entre les thérapeutes, les médecins, les enseignants et les parents ; les réunions d’équipe contribuent à assurer le succès du traitement.

Médicaments

La médication diminue souvent l’hyperactivité et améliore la concentration. Le médecin doit surveiller attentivement le dosage du médicament stimulant afin de déterminer la quantité la plus efficace et de détecter les effets secondaires. Au cours des dernières années, le battage médiatique entourant le TDAH fait qu’on se préoccupe désormais davantage de l’augmentation des prescriptions de psychostimulants [9-10].

Thérapie psychologique

Souvent combinée à des interventions éducatives particulières, la modification du comportement peut être la thérapie la plus recommandée pour l’enfant et l’adulte.

Vivre avec un TDAH comporte aussi des avantages. L’hyperactivité, par exemple, peut être utile à des gens qui ont besoin de faire preuve d’endurance dans leur quotidien. En cherchant à comprendre son état, il est possible d’en retirer le meilleur afin de développer son plein potentiel.

  1. Polanczyk, G. et coll., « The Worldwide Prevalence of ADHD: A Systematic Review and Metaregression Analysis » American Journal of Psychiatry, 2007, 164(6):942-948.
  2. 1.2. Jensen, P.S., et coll., « ADHD comorbidity findings from the MTA study: comparing comorbid subgroups ». J Am Acad Child Adolesc Psychiatry, 2001. 40(2): p. 147-58.
  3. Goldman, L.S. et coll. « Diagnosis and treatment of attention-deficit/hyperactivity disorder in children and adolescents », JAMA, 1998, 279(14):1100-1107.
  4. Sciberras, E. et coll. « Language problems in children with ADHD: a community-based study », Pediatrics, 2014, 133(5):793-800.
  5. Charach, A. et coll. « Attention Deficit/Hyperactivity Disorder: Effectiveness of Treatment in At-Risk Preschoolers; Long-Term Effectiveness in All Ages; and Variability in Prevalence, Diagnosis, and Treatment », AHRQ Comparative Effectiveness Reviews, no 44, oct. 2011, Rockville, MD.
  6. CADDRA, Lignes directrices canadiennes sur le TDAH, 4e édition, 2018.
  7. Demontis et coll. « Discovery of the first genome-wide significant risk loci for attention deficit/hyperactivity disorder », Nature Genetics, 2019, 51:63-75.
  8. Faraone, S.V. et A.E. Doyle, « The nature and heritability of attention-deficit/hyperactivity disorder », Child and Adolescent Psychiatric Clinics of North America, 2001, 10:299-316.
  9. Ministère de la Santé et des Services sociaux du Québec. Trouble de déficit de l’attention/hyperactivité — Agir ensemble pour mieux soutenir les jeunes – Document de soutien à la formation, 2016.
  10. Polanczyk, G.V. et coll. « ADHD prevalence estimates across three decades: an updated systematic review and meta-regression analysis », International Journal of Epidemiology, 2014, 43(2):434-442.