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Santé A à Z  —  8 minutes

Les médicaments anti-COVID-19: quoi de neuf?

09 décembre 2021
Équipe Biron
Équipe Biron
info@biron.com

Comme nous le répètent les responsables de la santé publique depuis le début de la pandémie, l’une des meilleures façons de combattre le virus, c’est de limiter sa propagation d’une personne à l’autre. De là l’importance des mesures sanitaires comme le port du masque, la distanciation, l’hygiène des mains, la ventilation des espaces fermés et, maintenant, le passeport vaccinal.

Mais lorsque le SARS-CoV-2, responsable de la COVID-19, pénètre dans l’organisme, il peut causer des ravages à l’origine de trop nombreux décès. L’offensive anti-COVID a donné lieu à un effort de recherche sans précédent des entreprises pharmaceutiques qui se sont concentrées sur le développement de vaccins, mais aussi sur la création de médicaments contre la COVID-19. Molnupiravir, AZD7442, Tocilizumab, Paxlovid... ce ne sont là que quelques-uns des nouveaux traitements récemment autorisés ou à l’étude par Santé Canada [1].

En cette fin de novembre 2021, il n’y a peut-être pas encore de médicament miracle dans la liste, mais l’arsenal thérapeutique s’élargit et redonne espoir de combattre efficacement et durablement le virus.

Lorsqu’un médicament est autorisé par Santé Canada, cela ne signifie pas nécessairement que ce médicament peut guérir la COVID-19, mais qu’il peut réduire la mortalité, les complications graves (soins intensifs), la durée ou le besoin d’hospitalisation ainsi que la gravité ou la durée des symptômes en produisant un minimum d’effets secondaires graves.

Les vaccins

Les vaccins demeurent l’arme de choix pour contrer la pandémie. Aucun autre médicament n’offre actuellement une protection aussi efficace. En stimulant notre système immunitaire, ils permettent à l’organisme de reconnaître et de détruire le virus. Jusqu’à maintenant, deux grands types de vaccins ont été approuvés par Santé-Canada : les tout nouveaux vaccins à ARN messager (Pfizer/BioNTec et Moderna) et les vaccins à vecteur viral (Astra-Zeneca, Janssen). Des études cliniques sont toujours en cours en ce qui concerne les vaccins à particules pseudo-virales comme celui de Medicago (Québec).

Comment fonctionne un vaccin à ARN messager?

Les anticorps monoclonaux antiviraux

Dans certains cas, le système immunitaire d’un individu est trop faible pour produire suffisamment d’anticorps en réponse à la vaccination. Pourquoi, alors, ne pas lui injecter directement des anticorps qui lutteraient contre le virus?

Cette hypothèse est à la base de nombreux traitements de maladies infectieuses réalisés à partir du sérum de patients qui ont guéri d’une infection. De nos jours, l’industrie pharmaceutique est en mesure de produire, à partir de sérum, des anticorps « semi-synthétiques » appelés « anticorps monoclonaux ». Ces médicaments, qui ciblent la fameuse protéine S (spicule) du SARS-CoV-2, s’adressent aux personnes immunodéprimées qui ne réagissent pas au vaccin ou à des personnes souffrant de maladies chroniques qui ont un risque élevé de développer une forme grave de la maladie.

Actuellement, le Bamlanivimab (Eli Lilly), le Sotrovimab (GlaxoSmithKline) et la combinaison Casirivimab/Imbivimab (Hoffman La Roche) sont autorisés au Canada alors que l’AZD7442 (AstraZeneca), une combinaison de deux anticorps monoclonaux à action prolongée (tixagévimab et cilgavimab), est à l’étude. Selon le manufacturier, s’il est approuvé, l’AZD7442 serait le premier médicament en mesure de traiter la COVID-19, mais aussi de la prévenir. Autre avantage: sa durée d’action serait trois fois plus longue que les anticorps monoclonaux classiques [2].

Les agents antiviraux

Les agents antiviraux sont utilisés pour contrôler les infections virales en ciblant l’une ou l’autre des étapes du cycle de vie du virus. Dans le cas du SARS-CoV-2, les recherches visent principalement à empêcher la multiplication du virus en interférant avec l’action des protéines nécessaires à sa réplication.

Rappelons que le génome des coronavirus est composé d’un simple brin d’acide ribonucléique (ARN) portant l’information pour produire les protéines essentielles à la création de nouvelles particules virales infectieuses. L’une de ces protéines, appelée ARN polymérase, fabrique de nouvelles molécules d’ARN en agençant leurs éléments constitutifs, les nucléotides. L’industrie pharmaceutique a mis au point des nucléotides modifiés. Lorsqu’ils sont utilisés par l’ARN polymérase, cela stoppe la fabrication de l’ARN viral complet et, par le fait même, la production de nouvelles particules de virus.

C’est le cas du Veklury contenant du remdésivir (Gilead), dont l’utilisation a été autorisée, et du Molnupiravir (Merck), qui est actuellement à l’étude. L’intérêt du Molnupiravir est qu’il est offert sous forme de comprimés au lieu d’injections intraveineuses comme d’autres médicaments. On peut donc le prendre à la maison, ce qui facilite grandement son utilisation [3].

Parmi les autres protéines produites par l’ARN du virus, certaines sont formées à la queue leu leu et doivent être détachées les unes des autres pour être actives. C’est la protéase virale qui est responsable de ce processus appelé « maturation des protéines ». Des médicaments capables de bloquer cette enzyme sont actuellement à l’étude, comme le Paxlovid (Pfizer), qui serait lui aussi offert en comprimés [4].

Les antiparasitaires

La chloroquine et l’hydroxychloroquine, utilisées contre la malaria, et, plus récemment, l’ivermectime, utilisée contre la gale, ont suscité l’engouement du public dans la lutte contre le SARS-CoV-2. On pense que ces médicaments auraient des propriétés antivirales qui empêcheraient le virus d’entrer à l’intérieur du noyau d’une cellule où il est répliqué. Plus précisément, ils nuiraient au fonctionnement de l’endosome, une petite poche entourée d’une couche de matières grasses dans laquelle le virus doit se trouver pour pénétrer dans le noyau. Cependant, aucune étude n’a encore prouvé leur efficacité, et Santé Canada n’autorise pas leur utilisation dans le cadre de la pandémie. Elle a d’ailleurs émis des avertissements afin de dissuader les gens de les utiliser pour prévenir ou traiter la COVID-19 [5,6].

Les anti-inflammatoires

L’un des principaux problèmes de la COVID-19 est la réponse inflammatoire à la présence du virus qui serait en partie responsable des hospitalisations et des décès. Cette réponse inflammatoire exagérée est appelée « tempête de cytokines » lorsqu’elle se produit chez l’adulte, généralement pendant les dernières phases de l’infection, et « syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant » (SIME) lorsqu’elle se produit chez l’enfant un certain temps après l’infection (de deux à six semaines). Si le taux de complications respiratoires et de décès est élevé chez l’adulte, le SIME se caractérise plutôt par une forte fièvre accompagnée de conjonctivite, d’enflures ou de symptômes gastro-intestinaux ou cardiovasculaires [7].

Plusieurs médicaments comme les corticostéroïdes, les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) et les antagonistes de l’interleukine-6 (IL-6) sont utilisés depuis longtemps pour combattre l’inflammation. L’évolution de la pandémie a toutefois permis de préciser lesquels étaient les plus utiles pour la COVID-19 et à quelles doses les utiliser. Au début de la pandémie, on croyait que les AINS, comme l’ibuprofène, aggravaient les symptômes de la COVID-19, mais les autorités de la Santé se sont ravisées [8]. On peut donc continuer à utiliser l’ibuprofène pour soulager des conditions inflammatoires bénignes.

La dexaméthasone, un anti-inflammatoire de la famille des corticostéroïdes, a été le premier médicament à sauver des vies, surtout chez les patients sous respirateur artificiel [9]. L’OMS recommande également, pour les patients atteints d’une forme grave de COVID-19, l’utilisation d’antagonistes de l’IL-6, surtout lorsqu’ils sont associés à des corticostéroïdes [10]. Conçus à l’origine pour traiter la polyarthrite rhumatoïde, le Tocilizumab (Roche) et le Sarilumab (Sanofi) sont des anticorps monoclonaux qui bloquent le récepteur de l’IL-6, une molécule impliquée dans la réponse inflammatoire. Ils réduiraient le risque de décès et le besoin de recourir à un respirateur artificiel [11].

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Sources11
  1. Gouvernement du Canada. « Autorisations de médicament et de vaccin contre la COVID-19 : Liste des demandes reçues », Santé Canada, https://www.canada.ca/fr/sante-canada/services/medicaments-produits-sante/covid19-industrie/medicaments-vaccins-traitements/demandes.html [consulté le 15 novembre 2021].
  2. AstraZeneca. « AstraZeneca Canada dépose une demande auprès de Santé Canada afin de faire homologuer l’AZD7442 pour la prévention de la COVID-19 », Cision, 3 novembre 2021, https://www.newswire.ca/fr/news-releases/astrazeneca-canada-depose-une-demande-aupres-de-sante-canada-afin-de-faire-homologuer-l-azd7442-pour-la-prevention-de-la-covid-19-814450058.html.
  3. Béliveau, Richard. « L’antiviral molnupiravir, une avancée majeure dans le traitement de la COVID-19 », Journal de Montréal, 12 octobre 2021, https://www.journaldemontreal.com/2021/10/12/lantiviral-molnupiravir-une-avancee-majeure-dans-le-traitement-de-la-covid-19.
  4. Béliveau, Richard. « Paxlovid, un nouveau médicament antiviral très efficace contre la COVID-19 », Journal de Montréal, 15 novembre 2021, https://www.journaldemontreal.com/2021/11/15/paxlovid-un-nouveau-medicament-antiviral-tres-efficace-contre-la-covid-19.
  5. Radio-Canada. « Santé Canada met en garde contre la chloroquine et l’hydroxychloroquine », Radio-Canada, 26 avril 2020, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1697558/coronavirus-mediacaments-avertissement-sante-canada.
  6. Thériault, Jean-François. « Faux remède contre la COVID-19: hausse des empoisonnements à l’ivermectine », Radio-Canada, 20 octobre 2021, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1833000/antivaccin-desinformation-betail-ivermectine-coronavirus.
  7. Société canadienne de pédiatrie. « Le syndrome inflammatoire multisystémique de l’enfant ayant un lien temporel avec la COVID-19 », 8 juillet 2020 (mise à jour: 9 juin 2021), https://cps.ca/fr/documents/position/SIME [consulté le 15 novembre 2021].
  8. Gouvernement du Canada. « Les données scientifiques ne permettent pas de conclure que l’ibuprofène aggrave les symptômes de la COVID-19 », Santé Canada, 20 mars 2020, https://recalls-rappels.canada.ca/fr/avis-rappel/donnees-scientifiques-ne-permettent-pas-conclure-que-ibuprofene-aggrave-symptomes-covid.
  9. Radio-Canada. « Un stéroïde réduirait d’un tiers la mortalité chez les patients gravement atteints », 16 juin 2020, https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1712447/dexamethasone-steroide-reduction-mortalite-covid-19.
  10. Organisation mondiale de la santé. « L’OMS recommande de recourir à des antagonistes de l’interleukine 6 pour sauver la vie de patients atteints de la COVID-19 », 6 juillet 2021, https://www.who.int/fr/news/item/06-07-2021-who-recommends-life-saving-interleukin-6-receptor-blockers-for-covid-19-and-urges-producers-to-join-efforts-to-rapidly-increase-access.
  11. Agence France-Presse. « COVID-19: le tocilizumab réduit la mortalité, confirme une vaste étude », TVA Nouvelles, 6 juillet 2021, https://www.tvanouvelles.ca/2021/07/06/covid-19-le-tocilizumab-reduit-la-mortalite-confirme-une-vaste-etude.
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