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Interventions chirurgicales

Dans certains cas précis ou lorsque le traitement PPC est mal toléré ou inefficace, différentes interventions chirurgicales peuvent être suggérées par un médecin ou un ORL pour corriger des caractéristiques anatomiques qui contribuent à l’obstruction des voies aériennes supérieures. Ces chirurgies visent à réduire ou à éliminer les symptômes d’apnée obstructive du sommeil ou à mieux supporter le traitement PPC.

Il n’existe encore que peu de données probantes sur l’efficacité à long terme de ces interventions pour traiter l’apnée obstructive du sommeil, ce qui en fait rarement un traitement de première ligne. Dans certains cas, un traitement PPC demeurera quand même nécessaire après la chirurgie.

Chirurgie orthognatique

Cette intervention permet de repositionner les mâchoires et de débloquer les voies aériennes supérieures. Elle consiste à avancer le maxillaire et la mandibule (avancement maxillomandibulaire) afin d’accroître la région pharyngée et de favoriser le passage de l’air.

Elle peut être réalisée lorsque le patient présente un recul prononcé du maxillaire ou de la mandibule et un profil « en retrait » du visage. Le chirurgien maxillofacial évaluera également la possibilité de cette intervention en fonction de l’historique de la maladie, de la motivation du patient et d’un examen clinique.

Selon une méta-analyse réalisée par des chercheurs de l’Université de Stanford, cette chirurgie aurait un taux de succès de plus de 85 % [1] chez des patients atteints d’une apnée grave du sommeil.

Uvulopalatopharyngoplastie (UPPP)

Cette intervention chirurgicale consiste à libérer les voies respiratoires en enlevant la luette, les tissus mous du palais et de l’arrière de la gorge et les amygdales s’il y a lieu. C’est dans cette zone des voies aériennes supérieures que se produit l’obstruction chez la majorité des patients qui souffrent d’apnée du sommeil.

En éliminant ces tissus qui vibrent, l’UPPP permet d’éliminer le ronflement, mais n’empêche pas toujours la gorge de s’affaisser. Son taux de réussite pour le traitement de l’apnée est d’environ 40 %. Largement utilisée au cours des 25 dernières années, cette intervention est de plus en plus remplacée par des méthodes moins invasives.

Amygdalectomie et adénoïdectomie

Les amygdales et les végétations adénoïdes sont des ganglions dans la gorge. Lorsqu’elles sont volumineuses ou enflées, ce qui arrive plus souvent chez les enfants, elles peuvent bloquer le passage de l’air et causer de l’apnée obstructive du sommeil.

Un ORL peut alors recommander de retirer les amygdales et/ou les végétations adénoïdes. L’amygdalectomie et l’adénoïdectomie sont les interventions les plus fréquentes pour traiter les enfants atteints d’apnée obstructive du sommeil.

Chirurgie bariatrique

Comme le tissu adipeux qui s’accumule au niveau du cou peut bloquer le passage de l’air dans les voies respiratoires, l’obésité est considérée comme l’un des principaux facteurs de risque de l’apnée obstructive du sommeil. Chez les personnes obèses, une perte de poids importante peut contribuer à éliminer ou à réduire les symptômes d’apnée.

Si aucune technique de perte de poids, ne fonctionne, une chirurgie bariatrique pourrait être envisagée. Cette solution est cependant réservée aux obésités graves (IMC de 40 ou plus) Selon une analyse des études scientifiques, plus de 75 % des patients ont connu une amélioration de leur apnée du sommeil après la chirurgie bariatrique [2].

Sources2
  1. Holty, Jon-Erik C. et Christian Guilleminault. « Maxillomandibular advancement for the treatment of obstructive sleep apnea: A systematic review and meta-analysis », Sleep Medicine Reviews, vol. 14, no 5, p. 287-297, 2010. www.maxillo-facial.pro/wp-content/uploads/2017/02/STANFORD.pdf
  2. Sarkhosh, K., N.J. Switzer, M. El-Hadi et coll. « The Impact of Bariatric Surgery on Obstructive Sleep Apnea: A Systematic Review », Obesity Surgery, vol. 23, no 3, p. 414-423, 2013. doi.org/10.1007/s11695-012-0862-2