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Parole de spécialiste — 9 minutes

Qu’est-ce que l’insomnie ?

20 février 2026

Équipe des soins du sommeil
Équipe des soins du sommeil
info@biron.com

L'insomnie est un trouble du sommeil caractérisé par une difficulté à s'endormir, à maintenir le sommeil ou par un sommeil non réparateur, malgré un environnement et des conditions favorables au sommeil. Elle s’accompagne de perturbations du fonctionnement pendant la journée telles que de la fatigue, des troubles cognitifs, des changements dans l’humeur ou la vigilance. Pour être considéré comme un trouble, l’insomnie doit survenir au moins trois fois par semaine et persister depuis un mois ou plus. [1].

C’est l’un des troubles du sommeil les plus fréquents. Selon une étude de 2024, 16,3 % des adultes canadiens souffrent d’insomnie, soit environ 6,5 millions de personnes. [2] Ce trouble peut toucher tout le monde, même les enfants, mais affecte davantage les personnes âgées, les femmes, les personnes défavorisées, les personnes en mauvaise santé et celles ayant un travail avec un horaire atypique.

Causes

L’insomnie peut être liée à un événement stressant (problème au travail, deuil, divorce, etc.). On parle alors d’insomnie passagère ou aiguë, bien qu’elle puisse durer plusieurs semaines. Elle se règle généralement avec la disparition du facteur déclenchant.

L’insomnie est souvent provoquée ou aggravée par de mauvaises habitudes de sommeil, comme la consommation de café ou de tabac dans les heures précédant le coucher, la consommation excessive d’alcool, la pratique d’une activité intense tard le soir, un horaire irrégulier ou un environnement perturbateur (bruits, lumière, température, etc.).

Elle peut accompagner des problèmes physiques, comme les maladies cardiaques et pulmonaires, les troubles musculo-squelettiques et les douleurs chroniques, ou des troubles psychologiques, comme la dépression et l’anxiété. Elle peut également être associée à un autre trouble du sommeil, dont l’apnée obstructive du sommeil qui est très souvent diagnostiquée chez les personnes se plaignant d’insomnie ou de sommeil non réparateur. Cette condition médicale se nomme l'insomnie et l’apnée du sommeil comorbides, mieux connue sous l’acronyme COMISA « comorbid insomnia and sleep apnea ».

Symptômes

En plus d’avoir de la difficulté à s’endormir, d’avoir des réveils fréquents ou des périodes d’éveil prolongées durant la nuit, de se réveiller tôt le matin et d’être incapable de se rendormir, une personne souffrant d’insomnie ne se sentira pas reposée le matin. Elle peut également présenter différents symptômes durant le jour, comme une irritabilité, une fatigue excessive (physique et mentale), des épisodes de somnolence, une diminution de la motivation, des maux de tête, des troubles digestifs et des difficultés de concentration ou d’attention. À long terme, le manque de sommeil peut perturber les activités quotidiennes, dégrader la qualité de vie, aggraver les symptômes d’autres maladies et causer des accidents. L'insomnie est aussi associée à un risque accru de suicide, surtout lorsqu'elle coexiste avec des troubles psychiatriques comme la dépression majeure. Ce lien est observé aussi bien chez les adultes que chez les enfants et les adolescents. [3]

Diagnostic

Si les symptômes d’insomnie ne durent que depuis quelques jours, l’adoption d’une meilleure hygiène du sommeil peut se révéler bénéfique. Mais si la difficulté à dormir se manifeste au moins trois nuits par semaine depuis plus de trois mois, l’insomnie est chronique et nécessite une consultation.

Le diagnostic de l’insomnie repose habituellement sur une évaluation clinique approfondie, incluant une histoire détaillée des plaintes de sommeil de la personne. Cette évaluation vise également à identifier d’éventuelles comorbidités psychiatriques, ainsi que des facteurs médicaux ou pharmacologiques susceptibles d’altérer la qualité du sommeil. Pour bien cerner le problème, il peut être utile de tenir un agenda du sommeil pendant une à trois semaines et d’indiquer quand et dans quelles conditions survient l’insomnie, la gravité des épisodes et leurs conséquences sur la vie quotidienne.

La polysomnographie (PSG) n'est pas recommandée systématiquement dans le diagnostic de l'insomnie chronique. Son utilisation se limite aux cas où une autre pathologie du sommeil est suspectée.

Le traitement de l’insomnie

Il existe aujourd’hui des traitements efficaces, non médicamenteux et reconnus scientifiquement pour améliorer durablement le sommeil. Chez Biron, toute prise en charge de l’insomnie commence par une évaluation clinique du sommeil, suivie d’une intervention adaptée à la situation.

Le TCB-I: une première étape efficace et accessible

Le traitement comportemental bref de l’insomnie (TCB-I) constitue souvent la première ligne de traitement. Cette approche, validée par la recherche scientifique, cible les comportements qui entretiennent les difficultés de sommeil.

Offert généralement en trois ou quatre séances, le TCB-I s’appuie sur des stratégies comportementales reconnues, notamment : * la restriction du temps passé au lit afin de renforcer la pression de sommeil. * le contrôle des stimuli, pour réassocier le lit et la chambre au sommeil * l’éducation sur le sommeil, pour mieux comprendre ses mécanismes et éviter certains comportements compensatoires qui, à long terme, aggravent l’insomnie.

Plusieurs études démontrent que le TCB-I diminue le temps d’endormissement, les réveils nocturnes et améliore la qualité du sommeil. À court terme, ses résultats sont comparables à ceux de la thérapie cognitivo-comportementale de l’insomnie (TCC-I), tout en nécessitant moins de temps et de ressources. [4]

Chez Biron, le TCB-I est offert par des professionnels de la santé certifiés en santé du sommeil, tels que des infirmières et des inhalothérapeutes, formés spécifiquement à cette approche. Il s’agit d’une option accessible, structurée et efficace pour la majorité des personnes souffrant d’insomnie.

La TCC-I : le traitement de référence pour les cas complexes

La TCC-I demeure le traitement de référence pour l'insomnie chronique complexe ou persistante. Elle combine des stratégies comportementales et cognitives afin de travailler en profondeur sur les pensées, les croyances et les inquiétudes qui nuisent au sommeil.

La TCC-I est généralement offerte en 5 à 12 séances, selon le programme et les besoins individuels et est exercée par des psychologues, des psychothérapeutes ou des travailleurs sociaux.

Un parcours structuré, centré sur vos besoins

Dans la majorité des cas, le TCB-I est efficace. Cependant, lorsque les difficultés de sommeil persistent ou des enjeux cognitifs complexes sont identifiés au cours du suivi, une référence vers une TCC-I peut être proposée.

Chez Biron, votre parcours commence par une évaluation complète et un accompagnement personnalisé avec notre équipe spécialisée en soins du sommeil. Il s’articule en trois étapes :

  1. Une évaluation rigoureuse de votre situation;
  2. Une première intervention basée sur le TCB-I;
  3. Un référencement vers la TCC-I au besoin.

Médication

Si l’insomnie persiste, il est possible d’avoir recours à des médicaments. Mais, selon Charles Morin, professeur à l’Université Laval et sommité mondiale en matière d’insomnie, les médicaments n’éliminent pas la cause de l’insomnie et devraient être considérés comme des bouées de sauvetage occasionnelles. [5]

  • Il existe principalement 7 catégories de somnifères (hypnotiques) qui peuvent être prescrits pour aider le patient à récupérer un peu, mais pour une courte période (deux à quatre semaines), car ils présentent des risques de dépendance et certains perdent leur efficacité après quelques semaines.
  • Les hypnotiques antihistaminiques regroupent la plupart des médicaments en vente libre. Ce ne sont pas des somnifères, mais plutôt des médicaments généralement utilisés pour traiter les allergies qui causent de la somnolence. Toutefois, leur efficacité pour traiter l’insomnie n’est pas clairement démontrée [6], et leurs effets indésirables s’apparentent à ceux des somnifères.
  • La mélatonine est une hormone sécrétée par le cerveau, qui contribue à maintenir le rythme veille-sommeil. Elle existe aussi sous forme synthétique dans plus d’une centaine de produits homologués comme produits de santé naturels au Canada. Cependant, il faut savoir qu’en Amérique du Nord, la teneur réelle en mélatonine des suppléments naturels peut varier considérablement – de - 83 % à + 478 % par rapport à la dose indiquée sur l'étiquette – ce qui peut en affecter l'efficacité et la sécurité. [7] Bien qu’elle favorise l’endormissement et puisse être bénéfique pour certains troubles du sommeil, son efficacité pour traiter l’insomnie serait limitée. [8]

Pour du soutien professionnel, nous sommes là.

Nous offrons des services qui peuvent aider votre médecin à diagnostiquer les troubles du sommeil et à déterminer le traitement approprié.

Vous avez une ordonnance médicale en main pour un de ces tests? Prenez rendez-vous en ligne ou joignez le service à la clientèle de Biron Groupe Santé au 1 833 590-2713.

Sources8
  1. Roth, T. Insomnia: Definition, Prevalence, Etiology, and Consequences. J Clin Sleep Med 3 (Suppl 5), S7–S10 (2007). https://doi.org/10.5664/jcsm.26929
  2. Sleep Med. (2024). Prevalence of insomnia and use of sleep aids among adults in Canada. https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/39369578
  3. McCall WV, Black CG. The link between suicide and insomnia: theoretical mechanisms. Curr Psychiatry Rep. 2013 Sep;15(9):389. https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC3791319/.
  4. American Academy of Sleep Medicine. (2020). Behavioral and psychological treatments for chronic insomnia disorder in adults. https://jcsm.aasm.org/doi/10.5664/jcsm.8988
  5. Proulx, Marie-Hélène. « À la recherche du sommeil perdu », L’actualité, 4 novembre 2020, https://lactualite.com/societe/a-la-recherche-du-sommeil-perdu/
  6. Culpepper Larry et Mark A. Wingertzahn. « Over-the-Counter Agents for the Treatment of Occasional Disturbed Sleep or Transient Insomnia: A Systematic Review of Efficacy and Safety », The Primary Care Companion for CNS Disorders, vol. 17, no 6, 31 déc. 2015, DOI: 10.4088/PCC.15r01798
  7. Erland, L., Saxena, P. Melatonin Natural Health Products and Supplements: Presence of Serotonin and Significant Variability of Melatonin Content. J Clin Sleep Med 13, 275–281 (2017). https://link.springer.com/article/10.5664/jcsm.6462#citeas
  8. Costello, Rebecca, Cynthia Lentino, Courtney Boyd, Meghan O'Connell, Cindy Crawford, Meredith Sprenel et Patricia Deuster. « The effectiveness of melatonin for promoting healthy sleep: a rapid evidence assessment of the literature », Nutrition Journal, vol. 13, no 1, p. 106, 2014. https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC4273450/
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