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L'examen médical de préembauche : un levier de prévention et d'accompagnement

1 mars 2026

Hugo Le Bire, B. Sc. Kin.
Hugo Le Bire, B. Sc. Kin.
Kinésiologue

Dans un contexte où la santé et la sécurité des employés occupent une place centrale dans la stratégie des entreprises, l’examen de préembauche constitue un levier essentiel. Bien au-delà d’une formalité administrative, il permet d’évaluer la capacité d’un candidat à répondre aux exigences de son poste, tout en identifiant de manière proactive les risques pour sa santé et celle de ses collègues.

Qu’est-ce qu’un examen de préembauche?

L’examen de préembauche est un examen de santé global visant à documenter l’état de santé actuel d’un candidat et à confirmer sa capacité à accomplir les exigences du poste. L’examen est réalisé par une équipe de professionnels de la santé tels qu’un médecin, un kinésiologue et une infirmière. Ces évaluations permettent d’identifier, de manière préventive, les risques pour la santé du candidat lors de l’exécution de ses tâches en milieu de travail. 

Pourquoi l’examen de préembauche est essentiel?

L’examen de préembauche permet aux entreprises de diminuer le taux d’absentéisme, de blessures ou de maladies liées au travail.

Au-delà de la prévention des risques et des accidents qui peuvent entraîner de graves complications, cet examen aide les employeurs à mieux soutenir la santé et la sécurité de leurs employé(e)s. Lorsque des conditions particulières sont identifiées et documentées par l'équipe de professionnels de la santé, l'employeur peut mettre en place des mesures pour accommoder le candidat.

Les avantages d’intégrer l’évaluation médicale au processus d’embauche sont nombreux. Elle contribue à prévenir les blessures et à réduire les coûts liés à l’absentéisme. Chaque dollar investi génère un rendement du capital investi favorable pour l’organisation. En effet, un dollar investi en prévention permet d’économiser 14 $ en frais médicaux [1] et de diminuer de 37 % les coûts médicaux liés aux blessures, notamment à l'épaule. [2]

Au Canada, les coûts liés à l’absentéisme diminuent de 30 à 50 % lorsque l’employeur ajoute une évaluation préembauche et implante un programme adéquat de retour au travail. [3]

En considérant la santé de leurs employé(e)s et en identifiant leurs conditions personnelles dès l’embauche, les organisations constatent inévitablement des effets positifs sur leurs opérations, notamment :

  • une amélioration de la santé des employés;
  • un taux de rétention plus élevé;
  • une productivité augmentée;
  • une diminution des coûts d’assurances.

Quels tests peuvent être effectués?

L’examen de préembauche peut inclure divers tests. Il comprend généralement une évaluation médicale (examen général, vision et audition) permettant de détecter toute anomalie ou d’orienter le candidat vers son médecin de famille pour qu’un suivi soit réalisé ou qu’une attestation de prise en charge soit émise.

L’examen peut également comprendre une évaluation des mouvements fonctionnels, réalisée par un kinésiologue, afin de mesurer la force, la mobilité et l’endurance du candidat. Cette analyse permet à nos professionnels d’évaluer le risque de blessure en fonction des exigences du poste occupé, à l’aide d’un pointage de performance établi conformément aux normes canadiennes. Ce type d’évaluation réduit significativement les blessures au bas du dos : les candidats ayant échoué l’évaluation fonctionnelle présentent un taux d’incidence de blessures au dos de 33 %, comparativement à 3 % chez ceux l’ayant réussi. [2]

Selon la nature du poste et les exigences en matière de santé de l’employeur, d’autres tests peuvent être ajoutés, tels qu’un test de capacité pulmonaire, une plombémie, une analyse d’urine ou un dépistage toxicologique par exemple. 

L’exemple d’une évaluation préembauche pour conducteur de poids lourds

Des tests physiques sont disponibles pour les emplois où les travailleurs doivent notamment rester dans une position assise prolongée, manipuler ou porter des charges comme des tuyaux pour camion-citerne, sécuriser leurs chargements et avoir l’endurance physique pour les vibrations du véhicule.

Le protocole de tests pour un conducteur de poids lourds, avec ou sans remorque citerne, peut comprendre :

  • une évaluation médicale;
  • une évaluation des mouvements fonctionnels avec un kinésiologue;
  • un dépistage auditif;
  • un examen visuel complet;
  • un dépistage toxicologique incluant le dépistage d’éthanol urinaire;
  • une analyse d’urine par bâtonnet réactif afin de dépister certaines conditions, telles que le diabète ou une infection.

L’évaluation peut être bonifiée pour les candidats appelés à effectuer des « travaux lourds », c’est-à-dire des manipulations de charges de 50 à 100 livres, sans aide de levage. Un test de capacité aérobique peut être ajouté pour évaluer la capacité de récupération du candidat. Finalement, un test de mise en charge progressive peut être réalisé pour évaluer la qualité des mouvements en situation de fatigue et l’effet sur le système cardiovasculaire lors de tâches intensives et répétitives.

Évaluation de préembauche pour les emplois de nature administrative

Même pour les postes administratifs, l’évaluation de préembauche présente des avantages. Passer de longues heures en position assise peut diminuer le tonus musculaire. De plus, certaines tâches ponctuelles telles que transporter une boîte de papier, peuvent nécessiter un effort physique. Une évaluation médicale et fonctionnelle permet de confirmer que les employés sont en mesure de répondre à ces variations occasionnelles du rythme de travail.

Les bénéfices de cet examen

En prenant en compte la santé de l’employé dès l’embauche et en identifiant ses conditions personnelles, les organisations constatent des effets positifs sur leurs opérations, notamment :

  • amélioration de la santé des employés;
  • taux de rétention plus élevé;
  • production augmentée;
  • diminution des coûts d’assurance.

Les risques de ne pas évaluer les candidats

Les entreprises qui omettent de soumettre certains candidats à des examens de préemploi peuvent s’exposer à des situations coûteuses et risquées. Le coût associé à l’embauche d’un employé inadapté ou présentant des risques pour la sécurité dépasse souvent celui d’un examen de préembauche. Un seul accident peut entraîner des dépenses de dizaines de milliers de dollars, sans compter les conséquences humaines, qui peuvent notamment nuire à la performance de l’organisation. [3]

Lorsqu’un employé subit un accident ou une maladie professionnelle, la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) impute tous les coûts à l’employeur, notamment la rémunération de remplacement, les indemnités pour préjudice corporel ou décès, les services de santé, la réadaptation. Ces événements peuvent également augmenter les cotisations de l’employeur à la CNESST à long terme.

Lorsqu’un employé dont les capacités physiques ne correspondent pas aux exigences du poste est intégré à une équipe, les effets peuvent être importants :

  • une perte de productivité;
  • une hausse du taux de roulement de personnel;
  • une diminution de la mobilisation;
  • une augmentation du risque d’erreurs ou d’incidents coûteux.

Un mauvais recrutement peut représenter un coût équivalent à 30 % à 40 % du salaire annuel de l’employé, en raison des pertes de productivité ainsi que des coûts associés au recrutement et à la formation. [4]

Que faire une fois que l’employé est en poste?

Avec le vieillissement de la population [5], les conséquences de la sédentarité [6], les mauvaises habitudes de vie, la hausse de certains diagnostics comme le diabète ou l’hypertension, la hausse des troubles musculosquelettiques [7], les enjeux de santé mentale [8], la capacité d’un employé à effectuer ses tâches de façon sécuritaire et efficace peut évoluer ou se dégrader au fil du temps.

Dans ce contexte, une évaluation médicale périodique ou en cours d’emploi peut être réalisée. Elle vise à confirmer que l'employé est toujours en mesure de répondre aux exigences de son poste. Elle peut reprendre une partie ou l'ensemble des éléments de l’examen de préembauche afin d’évaluer si les risques en milieu de travail sont maîtrisés et si l’environnement demeure sécuritaire pour l'ensemble du personnel.

Sources8
  1. Harbin, Gary L., Catherine Shenoy, Amy Garcia, and John C. Olson. “Shoulder Injury Reduction with Post-Offer Testing.” Work 39, no. 2 (2011): 113–23
  2. Childer, Angela. “Post-Offer Tests Spot Concerns Before Claims.” Business Insurance, 1 mai 2020.
  3. Brown, David. “True Costs of Disability Make Clear Case for Return-to-Work.” Canadian HR Reporter, 31 mai 2004.
  4. iProspectCheck. “ROI of Background Checks.” iProspectCheck, n.d. 11 décembre 2025. https://iprospectcheck.com/roi-of-background-checks/...
  5. Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). “Défis.” INSPQ – Santé des personnes aînées. 29 janvier 2026. https://www.inspq.qc.ca/sante-personnes-ainees/defis.
  6. Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). “Sédentarité.” INSPQ – Habitudes de vie / Activité physique. 2025. https://www.inspq.qc.ca/habitudes-de-vie/activite-physique/sedentarite.
  7. Gouvernement du Québec. “État de santé de la population québécoise.” Québec.ca, – Santé et services sociaux. 16 janvier 2026 https://www.quebec.ca/sante/systeme-et-services-de-sante/organisation-des-services/donnees-systeme-sante-quebecois-services/etat-sante-population-quebecoise.
  8. Gouvernement du Québec. “Forum Prévention Santé 2025.” Québec.ca, – Stratégie nationale de prévention en santé. 13 août 2026. https://www.quebec.ca/gouvernement/ministeres-organismes/sante-services-sociaux/publications/strategie-nationale-prevention-sante/evenements/forum-prevention-sante-2025.
Hugo Le Bire, B. Sc. Kin.
Hugo Le Bire, B. Sc. Kin.
Kinésiologue
Athlète de niveau national dans deux disciplines, Hugo a suivi des études en kinésiologie. Par la suite, en tant que préparateur physique, il a aidé jeunes et moins jeunes à atteindre leurs objectifs sportifs durant plus de 20 ans. Pendant cette période, il a suivi une formation en optimisation de la performance axée sur la neurologie, un programme reconnu par les principales associations sportives américaines, dont la National Academy of Sports Medicine (NASM) et la National Strength and Conditioning Association (NSCA). Depuis 2017, au sein de l’équipe de Biron Santé au travail, il veille à préserver la santé des travailleurs en s’assurant qu’ils répondent aux exigences physiques des tâches à accomplir au travail.