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Santé A à Z  —  10 minutes

Les multiples façons de dépister la COVID-19

26 janvier 2021
Dr Nicolas Tétreault, Biochimiste clinique, Ph. D., FCACB, CSPQ
Dr Nicolas Tétreault, Biochimiste clinique, Ph. D., FCACB, CSPQ
Directeur scientifique et innovation

Le dépistage de la COVID-19 est essentiel pour prévenir la propagation du virus. Il peut se faire principalement de deux façons, soit par test PCR (détection moléculaire du matériel génétique), soit par test antigénique (détection des protéines du virus SARS-CoV-2). Ces types de tests présentent tous deux des avantages et des inconvénients. Nous vous proposons un tour d’horizon de la question pour vous aider à mieux vous y retrouver.

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Test antigénique

Le test antigénique est un test rapide qui permet de détecter la présence de protéines (ou antigènes) associées au virus SARS-CoV-2 à l’intérieur du nez ou du nasopharynx. Les résultats sont accessibles en une quinzaine de minutes seulement.

Les tests antigéniques sont conçus en vue d’une utilisation facile, sans équipement complexe. C’est pourquoi ils sont moins dispendieux que les tests par PCR. À ce jour, ils ne sont pas offerts en version libre-service, c’est-à-dire qu’ils doivent être effectués par un professionnel de la santé.

Si les tests antigéniques sont plus rapides et plus abordables que les tests par PCR, ils ne sont pas aussi sensibles (c.-à-d. capables de détecter de plus petites doses de virus). Selon le Dr Michel Roger, directeur du Laboratoire de santé publique du Québec, ils permettraient de détecter environ 60% de tous les cas positifs au test par PCR.

La performance varie en fonction de certains critères, tels que la présence ou l’absence de symptômes et la prévalence de la maladie dans la population testée. Ils peuvent produire de faux négatifs chez les personnes infectées qui présentent une faible charge virale, mais qui peuvent tout de même être contagieuses. Les résultats doivent donc être interprétés avec prudence pour éviter toute illusion de sécurité causée par des tests qui, somme toute, comportent certaines limites.

Malgré tout, on confère à ces tests une utilité dans certaines circonstances. La facilité avec laquelle ils peuvent être administrés permet de tester un grand nombre de personnes rapidement et fréquemment. Certaines versions de type POCT permettent de réaliser le test sur place, sans acheminer de spécimen au laboratoire d’analyse. Cela peut s’avérer particulièrement utile dans les endroits où l’on ne serait pas naturellement porté à effectuer de tests de dépistage, comme dans une usine ou à l’aéroport. On accroît ainsi la capacité de monitorage de la contagion et on attrape des cas qui passeraient autrement inaperçus et qui contribueraient à la propagation du virus. À ce jour, Biron n'offre ce type de test qu’aux voyageurs à l’aéroport Montréal-Trudeau.

La situation des tests en vente libre

La prudence est de mise avec les tests destinés à une utilisation personnelle. Non seulement les résultats obtenus en laboratoire ne sont pas facilement reproductibles à la maison, mais ces tests ne sont pas tous approuvés par Santé Canada (en date du 21 janvier 2021). Dans certaines situations, les taux de faux positifs et de faux négatifs sont plus fréquents avec les tests rapides.

À lire aussi : Les tests de dépistage rapides de la COVID-19 à domicile sont-ils fiables?

Test par PCR

Le test moléculaire par PCR (polymerase chain reaction, ou amplification en chaîne par polymérase) est une analyse de laboratoire qui permet de diagnostiquer le SARS-CoV-2. Il s’effectue par un prélèvement à l’intérieur du nez et de la gorge qui permet de détecter l’ARN du virus. Comme il est très sensible, il permet de déceler de faibles quantités de virus et de dépister les infections de façon précoce ou présentant de faibles charges virales. Les résultats sont généralement connus dans les 24 à 48 heures ouvrables.

Ce type de test requiert toutefois des équipements de pointe dans un laboratoire biomédical et une grande expertise technique. Les problèmes d’accessibilité à cette technologie peuvent donc, dans certains cas, être un frein à la mise en œuvre de campagnes de dépistage préventif à grande échelle. Néanmoins, comme il est très sensible, ce type de test constitue la méthode de dépistage de référence de la COVID-19.

Test PCR multiplex respiratoire

Le test PCR multiplex respiratoire, en plus de détecter la présence du SARS-CoV-2, permet de dépister rapidement l’influenza A/B et le virus respiratoire syncytial (VRS) ainsi que plusieurs autres pathogènes responsables des maladies respiratoires. Il permet de déterminer quel est l’agent pathogène respiratoire à l’origine des symptômes ressentis, ce qui est très utile pour orienter le traitement, surtout pendant la saison de la grippe.

À lire aussi: Allergies, rhume, grippe, asthme ou COVID-19? (Infographie)

Test sérologique

Le test sérologique est une analyse effectuée en laboratoire à partir d’un échantillon de sang. Comme il ne permet pas de détecter le SARS-CoV-2, mais seulement la présence d’anticorps produits par le système immunitaire après exposition au virus, il ne sert pas à dépister la COVID-19.

Ce test sert surtout à indiquer si une personne a été infectée par le SARS-CoV-2 plus ou moins récemment. En cas de résultat positif, bien que les études [1] soient encourageantes, rien ne garantit encore que la présence d’anticorps nous protège à long terme contre une éventuelle réinfection par la COVID-19. Certaines études soutiennent que l’immunité pourrait durer au moins 6 mois, peut-être plus. Il est possible d’obtenir un faux négatif si l’on passe le test trop tôt, avant que l’organisme ait eu le temps de produire des anticorps (qui sont décelables en quantité appréciable généralement après deux semaines). Pour cette raison, la prudence reste de mise.

L’intérêt de ce test réside dans le fait qu’il permet d’estimer le nombre total d’individus qui ont été contaminés par le virus, puisqu’ils n’ont pas tous été symptomatiques et testés par PCR ou antigènes. Par ailleurs, ce test peut également servir aux médecins qui observent des manifestations cliniques atypiques chez certains patients, mais chez qui il n’y a aucune preuve d’infection active. La présence d’anticorps contre le virus peut alors montrer que ces observations sont dues à une infection passée.

Prélèvements salivaires

La salive est un autre type de spécimen qui se prête à la détection du virus de la COVID-19 par PCR. À la différence du prélèvement nasopharyngé, qui requiert des installations physiques particulières et qui doit être effectué par du personnel médical, la collecte d’un échantillon de salive peut se faire à divers endroits, même à domicile, ne requiert qu’une supervision par un professionnel de la santé et ne nécessite pas d’autre matériel que le dispositif de prélèvement.

Si l’on combine la capacité des tests salivaires à dépister le virus chez les patients plus infectieux et à risque de complications à la faible complexité et au faible coût des prélèvements, il y a fort à parier que ce type de test se taillera une place dans l’arsenal diagnostique de la COVID-19. Les prélèvements salivaires se prêtent également beaucoup plus facilement à une analyse hors laboratoire (POCT) et, ultimement, à des tests à domicile (autoévaluation). À ce jour, ce type de test n’est pas offert chez Biron.

Autres tests faisant leur entrée sur le marché

Des tests non approuvés pour utilisation au Canada sont employés dans d’autres pays en vertu d’homologations spéciales et temporaires. D’autres sont offerts de façon non réglementée sur Internet. La plupart sont proposés pour utilisation hors laboratoire et, surtout, pour autodiagnostic à domicile. Le format des tests varie beaucoup, allant d’un test avec interprétation visuelle de type «test de grossesse» à des dispositifs de mesure nécessitant un téléphone cellulaire. Les premiers dispositifs de ce genre approuvés aux États-Unis incorporaient une communication automatique du résultat à un organisme de santé publique chargé du traçage des contacts.

Adieu produits réactifs, bonjour rayonnement lumineux!

D’autres méthodes pourraient être commercialisées un peu partout dans le monde. C’est notamment le cas d’un projet mené conjointement par le CHUM et Polytechnique, qui utilise un système de détection du virus autre que le PCR et la détection d’un antigène ou d’un anticorps. La technologie est basée sur l’empreinte laissée par la présence du virus lorsque le spécimen de salive est soumis à un rayonnement lumineux (spectroscopie Raman). Cette approche révolutionnaire ne nécessiterait aucun réactif, un avantage marqué en situation mondiale de pénurie!

Tests basés sur le système CRISPR

D’importants efforts sont également en cours pour tenter de commercialiser des tests à très faible coût pouvant être faits sans équipement complexe par le patient [2]. Ces tests reposent sur le système CRISPR (dont la découverte a récemment valu un prix Nobel aux pionnières Emmanuelle Carpentier et Jennifer Doudna). À terme, ces tests rapides pourraient être utilisés par une grande portion de la population étant donné leur coût modique.

Conclusion

Le dépistage de la COVID-19 joue un rôle de premier plan dans la prévention des infections et la limitation du virus. Si certains tests sont très perfectionnés, aucun n’est infaillible. Dans ce contexte, rien ne vaut un test dès l’apparition de symptômes ou en cas de contact étroit avec une personne infectée et l’adoption de mesures de prévention et d’hygiène telles que le lavage des mains et le port du couvre-visage.

Pour du soutien professionnel, nous sommes là.

Nous offrons des services qui peuvent aider votre médecin à diagnostiquer la COVID-19 et d’autres maux de l’hiver.

Si vous avez des questions ou désirez obtenir plus d’information, n’hésitez pas à joindre le service à la clientèle de Biron Groupe Santé au 1 833 590-2713.

  1. S. Lumley. et coll., « Antibody Status and Incidence of SARS-CoV-2 Infection in Health Care Workers », The New England Journal of Medicine, le 23 décembre 2020 (consulté en ligne le 25 janvier 2021 au https://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa2034545).
  2. P. Fozouni et coll., « Amplication-free detection of SARS-CoV-2 with CRISPR-Cas13a and mobile phone microscopy », Cell, vol. 184, no 2, 21 janvier 2021, p. 323-333.e9 (consulté en ligne le 25 janvier 2021 au https://www.cell.com/cell/pdf/S0092-8674(20)31623-8.pdf).