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Santé A à Z — 4 min

La dépression saisonnière

Raymond Lepage, PhD
Conseiller scientifique sénior

Si chez la majorité des individus, le blues de l’hiver n’est qu’un embarras de courte durée, chez une personne sur cinq, le début de l’hiver, avec la baisse des températures et des périodes d’ensoleillement, correspond à un malaise plus profond, une forme de dépression qu’on appelle « saisonnière ».

Être dépressif, c’est d’en être réduit à ne voir que les côtés négatifs de la vie à un point tel que cela empêche de remplir les obligations (familiales, professionnelles et autres). La dépression saisonnière constitue un désordre psychologique auquel il faut porter attention. Elle n’est qu’une des présentations de la dépression qui s’ajoute à la dépression majeure, la dépression postnatale ou encore les syndromes bipolaires.

Les symptômes de la dépression saisonnière sont multiples et varient d’un individu à l’autre : fatigue, manque d’énergie, hypersomnie (trop dormir), augmentation de l’appétit (souvent pour les sucreries), baisse de libido et apparition de malaises comme des maux de tête et des douleurs au dos ou à l’estomac. S’ajoutent à cela des symptômes d’ordre psychologique comme une grande tristesse qui tend à s’accentuer pendant la soirée, une perte d’intérêt pour les activités habituelles, une diminution de l’estime de soi accompagnée d’un sentiment de culpabilité ou d’échec et de la difficulté à se concentrer et à prendre des décisions. Dans de rares cas, la dépression saisonnière peut même entrainer des pensées suicidaires. On ne connait pas les causes précises de la dépression saisonnière, mais une partie des symptômes pourrait être causée par la glande pinéale, petite structure du cerveau qui nous sert d’horloge biologique. Lorsque la luminosité diminue, la glande pinéale réagit en sécrétant plus de mélatonine, une hormone connue pour entrainer de la somnolence et de la fatigue.

Bien que le dosage du taux de mélatonine puisse être réalisé en laboratoire, le diagnostic de la dépression saisonnière et des autres formes de dépression demeure exclusivement basé sur l’analyse du cas par un psychiatre, un psychologue ou un autre professionnel de la santé ayant l’expertise requise. Outre le dosage de la mélatonine , il n’existe pas de tests de laboratoire ou d’imagerie permettant de confirmer le diagnostic de la dépression saisonnière. Le professionnel de la santé peut cependant prescrire certains tests comme une formule sanguine complète ou un bilan thyroïdien qui lui permettront d’éliminer d’autres causes fréquentes pour quelques-uns des symptômes ressentis.

Le traitement de la dépression saisonnière repose sur la psychothérapie et sur l’utilisation de médicaments antidépresseurs. Comme l’effet de la diminution de la luminosité sur la glande pinéale est au moins partiellement en cause, l’exposition à la lumière naturelle du soleil ou celle d’une lampe de luminothérapie semble tout à fait indiqué. La luminothérapie consiste en une exposition, souvent quotidienne, d’une durée de 30 minutes à une lumière se rapprochant de la lumière solaire. Elle, peut se réaliser en cabinet spécialisé ou encore à domicile avec des dispositifs approuvés. Dans tous les cas, il faut s’assurer que le dispositif élimine les rayons infrarouges et ultraviolets plus dangereux pour la santé.

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