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Génétique — 5 min

Pharmacogénétique et TDAH – résultats positifs d’une étude rétrospective

Michel Cameron, PhD
Directeur de pharmacogénomique

La médecine personnalisée n’est plus la médecine de demain mais plutôt une des innovations en santé de plus en plus convoitées. C’est en oncologie que la médecine personnalisée a reçu le plus d’attention, là où l’essai-erreur des médicaments pardonne moins que dans d’autres champs thérapeutiques. En santé mentale, bien que les effets indésirables des médicaments soient en général moins graves qu’en oncologie, l’essai-erreur est commun et souvent source de frustrations et de découragement. Les impacts d’un traitement inefficace ou mal toléré peuvent être plus difficiles à calculer mais ils peuvent néanmoins engendrer des coûts substantiels sur la productivité, la qualité de vie et la réussite scolaire chez les patients atteints du trouble du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

TDAH : 30 % d’échec aux psychostimulants

Bien que 70 %la plupart des patients traités pour leur TDAH répondent bien aux médicaments de première ligne (psychostimulants à base de méthylphénidate ou d’amphétamine), 30 % se voient réfractaires aux premiers traitements et requièrent plusieurs essais avant d’en trouver un qui convient 1 . Dans le but de fournir au médecin un outil pour réduire l’essai-erreur, le profil Pharma TDAH identifie les médicaments potentiellement incompatibles ou qui peuvent nécessiter des ajustements de doses particuliers.

Résultats de l’étude rétrospective

Récemment, une étude rétrospective menée par BiogeniQ a démontré une association entre l’expérience clinique des participants et l’analyse pharmacogénétique. Pour mesurer cette corrélation, chaque participant a fourni son historique de prescription, lequel a été comparé à leur résultat de test pharmacogénétique (profil Pharma TDAH). Ainsi, les patients ont signalé les médicaments qu’ils ont pris, ceux qui ont été cessés et les ajustements de doses qui ont été effectués. Chaque fois que le rapport pharmacogénétique d’un patient indiquait un risque d’incompatibilité pour un médicament utilisé, ce médicament avait soit été cessé, utilisé avec l’addition d’un deuxième médicament, reçu un ajustement de dose, ou signalé comme inapproprié dû à un manque d’efficacité ou à la présence d’effets indésirables.

L’association entre l’historique de prescription et le rapport pharmacogénétique démontrée dans l’étude rétrospective démontre que le profil Pharma TDAH peut identifier des médicaments à éviter, qui vont nécessiter des ajustements de dose ou l’ajout de médicament additionnel. Dans un contexte clinique où le médecin n’a pas d’outil pour guider son choix de traitement, le profil Pharma TDAH peut venir en aide, particulièrement pour les patients en cours d’essai-erreur. Non seulement le résultat peut fournir des précieux renseignements sur la raison d’un échec de traitement, il peut aussi guider le choix de traitement. En prenant une décision plus éclairée, le médecin peut utiliser ce test pharmacogénétique dans le but de réduire la période d’essai-erreur.

Lorsque les médicaments causent des effets indésirables ou qu’ils sont inefficaces, c’est non seulement une perte de temps mais ça peut coûter une année scolaire à un enfant avec des difficultés d’apprentissage. Cette nouvelle étude supporte l’utilisation de la pharmacogénétique pour le traitement du TDAH particulièrement pour les patients dont les premiers traitements ne fonctionnent pas.

L’étude préliminaire a été mené par l’équipe de BiogeniQ et est disponible ici. Vous avez des questions concernant l’étude? Planifiez un appel avec le directeur scientifique de BiogeniQ, Michel Cameron.

1. Budur et al. (2005) Non-Stimulant Treatment for Attention Deficit Hyperactivity Disorder. Psychiatry 2(7) : 4-48.

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